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L’éclat de la figure

Etude sur l’antipersonnage de roman – 2e tirage

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Xavier Garnier

Il arrive que sous les traits rassurants du personnage de roman vienne se dissimuler un monstre, et tout l’univers fictionnel bascule alors dans l’orbite de la figure. La figure est cette puissance du faux, cette illusion de personnage, qui circule dans le roman et ouvre une brèche par où font irruption de grandes forces inhumaines. Si les personnages, et le regard qu’ils posent sur le monde, permettent à la littérature de s’écrire à la mesure de l’homme, la figure est le principe dévastateur qui lui ouvre l’envers du monde humain. Entièrement vouée à l’absence d’âme et au néant, la figure ne saurait faire l’objet d’une théorie positive; son approche sera nécessairement l’occasion d’une lecture critique, rendant compte de son impact sur les œuvres romanesques où elle se manifeste. L’analyse de l’émergence de la figure dans le roman moderne permettra de rapprocher l’Occident et l’Afrique, également concernés par le souci d’écrire cette inhumanité qui a si fortement hanté le XX e siècle.
Contenu: La figure naît d’un refus du personnage comme représentation. La figure est une force dont l’impact s’inscrit dans le texte romanesque. L’énonciation asubjective de la rumeur est à la genèse de la figure. A la différence du personnage, la figure ne permet aucune identification de la part du lecteur mais exerce une grande puissance de fascination. La figure réintroduit le destin comme principe narratif moteur du roman moderne.