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Roman aborigène et société australienne

La femme noire dans l'oeuvre coloniale de K.S. Prichard (1907-1938)

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Pierre Besses

Cette nouvelle lecture du roman aborigène permet une approche polyphonique du personnage du colonisé dans l'imaginaire anglo-australien depuis les mythes fondateurs de la colonie du Pacifique Sud en 1788.
La polysémie du thème suppose un recours aux sciences humaines pour lire le nouveau discours réaliste de K.S. Prichard, poète de l'Australie primitive dans les années 20. Cette première lecture plurielle du personnage romanesque implique une référence aux concepts de l'anthropologie culturelle représentée par Durkheim, Lévy-Bruhl, Mircea Eliade et Claude Lévi-Strauss, l'optique de G. Roheim sur les héros phalliques et les symboles maternels dans la mythologie australienne, les analyses de Paul Ricoeur sur la symbolique du sacré, permettent de faire surgir de multiples réseaux de connotations suscitées par l'émergence de l'Euridyce noire dans l'imaginaire d'une des plus classiques militantes du féminisme australien de l'entre-deux-guerres. Le roman nationaliste de la Frontière devient une poétique de la rêverie coloniale au moment où la présence de D.H. Lawrence, iconoclaste de l'Australie blanche, contribue à remettre en cause l'idéologie raciste d'une civilisation ethnocentrique transplantée sur les rivages du Pacifique Sud quelque deux siècles auparavant dans le sillage de Cook et de Darwin.