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Le grotesque dans le théâtre de Bertolt Brecht (1913-1926)

Contribution à l'étude de la genèse d'une dramaturgie expérimentale

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Marielle Silhouette

De 1913 à 1926, la production théâtrale de Bertolt Brecht ne s'arrête pas aux oeuvres connues et publiées, de La Bible à Homme pour Homme. Elle multiplie les expérimentations, comme en témoignent les nombreux projets, ébauches et fragments exploités pour la première fois dans ce travail. L'inachèvement, la correction et l'appropriation, formes premières de la «Bearbeitung», sont érigés en méthode. Ce foisonnement, expression de la recherche d'un grand théâtre, est étudié à la lumière de la catégorie du grotesque envisagée dans son évolution historique, ses origines dans les arts figuratifs et son destin particulier en Allemagne, fortement lié au théâtre depuis le XVIIIe siècle. Brecht, en ce sens, s'inscrit dans un courant essentiel du théâtre allemand qui, contre Gottsched, met l'accent sur la matérialité. Dans sa quête d'un théâtre nouveau, il prend en compte les réalisations de F. Wedekind et K. Valentin, procède à un va-et-vient productif entre arts «mineurs» et «majeurs», et se définit de façon polémique par rapport à ses contemporains, de Sternheim à Goll et Kaiser notamment. L'entreprise ne vise pas tant à détruire qu'à éprouver la validité de l'ancien au moyen du grotesque, synonyme d'un jeu avec la tradition et du privilège accordé au corps et à la matérialité contre l'idéalisme, le pathétique et le tragique.