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Le parti social-démocrate allemand et la fin de la Quatrième République française (1954-1958)

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Jean-Paul Cahn

Le S.P.D. espérait beaucoup de Mendès France en 1954. Qu'un homme de gauche résolve, dans un Etat voisin, les problèmes face auxquels les partis conservateurs s'étaient montrés impuissants, devait renforcer sa propre crédibilité auprès de l'électorat allemand. La France apporta à l'opposition allemande une de ses plus grandes victoires sur Adenauer avec l'échec de la C.E.D. Le parti social-démocrate approuva la politique coloniale de Pierre Mendès France, il regretta que la brièveté de son mandat ne lui permît pas d'obtenir des résultats en matière économique, mais, dans la question sarroise, il déplora que l'«homme différent» ait fait sienne l'attitude de ses prédécesseurs.
La solution de ce même problème fut l'un des rares sujets de satisfaction pour l'opposition allemande pendant le gouvernement Guy Mollet. L'affaire d'Algérie conduisit à des tensions au sein même du S.P.D., dont le point d'orgue fut le congrès de Stuttgart (1958).
A mesure que les menaces sur la République se précisèrent, le parti d'Ollenhauer se fit de plus en plus critique envers l'Assemblée nationale, tandis qu'il ménageait l'exécutif. Le retour au pouvoir de de Gaulle suscita d'abord de vives inquiétudes. Après les premières décisions du dernier président du Conseil, celles-ci se déplacèrent du Général vers son entourage, Jacques Soustelle en particulier.