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Les comédies d’Andreas Gryphius (1616-1664) et la notion de grotesque

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Florent Gabaude

Ce travail se propose d’analyser les trois comédies facétieuses d’Andreas Gryphius Herr Peter Squentz, Horribilicribrifax et Verlibtes Gespenste/Die gelibte Dornrose à la lumière de la catégorie du grotesque, appréhendée dans son iconicité paradoxale, comme comique de l’informe et de l’irreprésentable. A l’examen préalable de la genèse, des sources, singulièrement françaises et allemandes, et du statut générique de l’œuvre comique gryphienne, elle-même émaillée de réflexions métalittéraires et métathéâtrales, succède une étude littéraire des personnages, du discours et de la corporalité grotesques ainsi que de la structure des comédies. Le grotesque gryphien varie du registre ludique et ornemental au registre significatif, alliant le réalisme satirique à l’irréalisme carnavalesque et allégorique. Sur le double mode «néoplatonicien» de l’exemple et du contre-exemple, ces comédies expriment le désordre du temps, langagier, comportemental, socio-économique et spirituel, et l’aspiration à une remise en ordre généralisée sous la houlette bienveillante de l’absolutisme princier.
Contenu: Genèse des comédies gryphiennes – Gryphius et la comédie allemande au XVIIe siècle – L’écriture grotesque – Les Figures grotesques – La structure des comédies – La scène et le discours grotesques – Le sérieux éthico-politique – Le sérieux métaphysique.