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Imaginaires et représentations littéraires de la mobilité

Adina Balint

Qu’est-ce que la littérature contemporaine d’expression française (Canada et France) peut nous apprendre de l’expérience de la mobilité comme parcours créateur orienté vers le transculturel?

Inspirée par les théories du mobility turn de John Urry et par la notion de nomadisme de Rosi Braidotti et de Gilles Deleuze et Félix Guattari, Adina Balint réfléchit aux rapports entre les frontières identitaires, spatiales et poétiques qui produisent de nouvelles figures d’appartenance. Cet ouvrage dont la réflexion se situe à la croisée des études littéraires, des études comparatistes et transculturelles explore des similitudes et différences entre les modes de représentation de la mobilité (géographique, des individus, des imaginaires) et la mise en tension entre le sujet littéraire, le territoire et la communauté chez Anaïs Barbeau-Lavalette, Simone Chaput, Sergio Kokis, Catherine Mavrikakis, Régine Robin, Maylis de Kerangal, J.M.G. Le Clézio et Andreï Makine. Il en ressort que la mobilité n’est pas une action achevée mais un processus inachevé/inachevable porteur d’une influence directe sur le devenir du personnage-narrateur/narratrice et de sa créativité.

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II Discours et figurations de la mobilité dans le récit

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Discours et figurations de la mobilité dans le récit

« La notion de rhizome maintiendrait le fait de l’enracinement,

mais récuse l’idée d’une racine totalitaire. La pensée du rhizome serait

au principe de ce que j’appelle une poétique de la relation,

selon laquelle toute identité s’étend dans un rapport à l’Autre. »

(Glissant, Poétique de la relation 23)

Les territoires et les lieux « vrais » et imaginaires énoncés dans les textes à l’étude relèvent d’une interconnexion complexe entre différents aspects qui s’apparentent à ce que nous appelons « la circonstance ». À la fois le lieu dans lequel se tient un sujet et celui à l’intérieur duquel ce sujet circule, se déplace, se transforme—la circonstance se pense d’abord à partir des ancrages référentiels et poétiques. La rencontre entre le territoire, le sujet et leur mise en discours s’achève ainsi entre la « circonstance extérieure » et la « circonstance intérieure » (L’Invention du quotidien I 24), pour Michel de Certeau. La notion de circonstance—« l’aléatoire, le hasard, l’opportunité du moment » (Certeau ←51 | 52→24)—introduit un élément historique qui indique un entrecroisement du temps et de l’espace : soit le sujet qui habite le territoire vit dans l’histoire sans la faire, soit il est doté d’une conscience exacerbée de sa propension à la raconter par ses interactions avec le territoire, avec des trajectoires, des voyages, des explorations.

Comme le notait...

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