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Imaginaires et représentations littéraires de la mobilité

Adina Balint

Qu’est-ce que la littérature contemporaine d’expression française (Canada et France) peut nous apprendre de l’expérience de la mobilité comme parcours créateur orienté vers le transculturel?

Inspirée par les théories du mobility turn de John Urry et par la notion de nomadisme de Rosi Braidotti et de Gilles Deleuze et Félix Guattari, Adina Balint réfléchit aux rapports entre les frontières identitaires, spatiales et poétiques qui produisent de nouvelles figures d’appartenance. Cet ouvrage dont la réflexion se situe à la croisée des études littéraires, des études comparatistes et transculturelles explore des similitudes et différences entre les modes de représentation de la mobilité (géographique, des individus, des imaginaires) et la mise en tension entre le sujet littéraire, le territoire et la communauté chez Anaïs Barbeau-Lavalette, Simone Chaput, Sergio Kokis, Catherine Mavrikakis, Régine Robin, Maylis de Kerangal, J.M.G. Le Clézio et Andreï Makine. Il en ressort que la mobilité n’est pas une action achevée mais un processus inachevé/inachevable porteur d’une influence directe sur le devenir du personnage-narrateur/narratrice et de sa créativité.

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III Nomadismes

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Nomadismes

« Le mouvement nomade ne suit pas une logique droite, avec un début, un milieu et une fin. Tout, ici, est milieu. Le nomade ne va pas quelque part, surtout en ligne droite, il évolue dans un espace où il revient souvent sur les mêmes pistes, les éclairants, peut-être, s’il est nomade intellectuel, de nouvelles lumières. »

(White, L’Esprit nomade 13)

Dans son ouvrage Nomadic Subjects, Rosi Braidotti examine la question du nomadisme en rapport avec la subjectivité. À la recherche d’un savoir féministe non normatif, Braidotti en vient à proposer un féminisme critique et créatif, fondé sur le nomadisme. Selon elle, le sujet nomade incarne une « fiction politique », étant capable de brouiller les frontières : “The nomadic subject is a myth, that is to say a political fiction, that allows me to think through and move across established categories and levels of experience: blurring boundaries without burning bridges” (Nomadic Subjects 4).1 Si Braidotti retient la figure mythique ←73 | 74→et iconoclaste du nomade, c’est qu’elle occasionne une démarche en opposition à la nature sédentaire et classique de la pensée théorique et surtout, philosophique, en permettant l’ouverture à de nouvelles complicités et formes d’interaction au-delà de la partialité et de l’intermittence :

The choice of an iconoclastic, mythic figure such as the nomadic subject is consequently a move against the settled and conventional nature of theoretical and especially philosophical thinking. This figuration translates therefore my...

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