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Mallarmésis

Mythopoétique de Stéphane Mallarmé

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Émile Fromet de Rosnay

Mallarmé, qui se rend compte de la contingence de la Notion une fois qu’elle se met en contact avec le langage, et pour qui la littérature et la pensée sont inséparables, a inventé une nouvelle approche mythologique au langage. Celle-ci récupère l’ancien système des ressemblances où le mot était l’équivalent de son concept. Pourtant, cette approche, « mythopoétique » – une production négative de mythes qui est symptomatique de l’histoire de l’esthétique occidentale – réussit par son échec mimétique même à reproduire une homogénéité au niveau de la forme. Nous démontrons, par des analyses de textes « linguistiques » et « critiques » comme les Notes sur le langage et Le mystère dans les lettres, de proses et de poèmes comme Igitur, les Divagations, Épouser la Notion, le Sonnet en X et Un Coup de Dés, et à partir de phénomènes contemporains, qu’il ne s’agit pas tant de l’art imitant la nature ou vice versa, mais plutôt de la répétition de la production de la nature et de la « nature » d’un langage qui crée des mythes. Les nouvelles ressemblances de cette poétique sont donc doublement mimétiques, à la fois imitant et devenant nature. C’est une poétique qui reflète les découvertes en linguistique au dix-neuvième siècle, comme chez Müller, pour qui « le langage est le travail de la nature », mais qui avant tout se situe inéluctablement dans les trous de la pensée occidentale. Elle exige un travail qui tient compte de son devenir comme constitué épistémologiquement.

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Notes 189

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NOTES Introduction 1 Nous utilisons désormais OCI et OCII avec la page pour dénoter les deux tomes (1998 et 2003) de l’édition Pléiade des Œuvres complètes. Pour les autres publications de Mallarmé, les références précises seront fournies. 2 Cf. Noriko Takeda, The Modernist Human, et l’idée de « regenesis » (Takeda 1-22) 3 Cf. Ascoli sur Dante pour la notion de l’auctor. 4 C’est ce que Mallarmé suggère dans sa préface au Coup de Dés en disant que son poème ne rompt pas avec la tradition et l’« antique vers », où tradition veut dire le vers en tant qu’impossibilité de faire l’adéquation entre le mot et la chose, comme il s’en était rendu compte dans Crise de vers. 5 « D’ailleurs, bien loin que les figures soient des maniéres de parler éloignées de celles qui sont naturéles et ordinaires, il n’y a rien de si naturel, de si ordinaire, et de si comun que les figures dans le langage des homes » (du Marsais, 2). 6 En ceci, Agamben semble reprendre, dans L’homme sans contenu, une interrogation qui s’inspire d’une perspective foucauldienne, tout comme il le fait dans son Homo sacer par rapport aux aspects politiques autour de la question de l’exception souveraine. Dans L’Ouvert, il entreprend de voir comment, surtout dans des ouvrages scientifiques et philosophiques, on identifie, depuis cette disjonction, l’humain à partir de l’animal (poursuivant des questions abordées autrement dans Homo sacer). Quant à l’...

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