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L’humour et l’ironie en Littérature francophone subsaharienne

Des enjeux critiques à une poétique du rire

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Vincent Simédoh

Il s’agit dans cette réflexion de comprendre et de saisir les enjeux que suscite la pratique de l’humour et de l’ironie dans des situations dramatiques, déplorables voire tragiques qu’est le contexte de l’Afrique: rire pour (se) corriger, contester, sans pour autant être agressif? Dénoncer sans en avoir l’air? Est-ce une nouvelle esthétique? A travers l’analyse des œuvres qui vont des années 1958 à nos jours, à savoir celles de Mongo Béti, Ferdinand Oyono, et plus contemporaines comme celles de A. Mabanckou…, ce livre démontre comment le rire, à travers toutes les différentes formes qu’il peut prendre, à savoir la dérision, la parodie, le sarcasme, le grotesque par le biais de l’humour et de l’ironie qui sont les manifestations apparentes, est un outil à la fois de la contestation, de dédramatisation des situations tragiques, mais aussi une esthétique d’écriture en soi dans la représentation du réel, du sérieux, que ce soit au niveau social, politique ou de l’écriture elle-même qui joue à la fois sur la dissimulation, sur le carnavalesque, la polyphonie et le grotesque pour finir à une poétique du rire.

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CHAPITRE II. De la parodie à la dérision dansLe Vieux nègre et la médaille 41

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CHAPITRE II De la parodie à la dérision dans Le Vieux nègre et la médaille Publié en 1956, Le Vieux Nègre et la médaille (VNM) raconte la vie et les péripéties de Meka. Il est convoqué par le commandant qui lui annonce qu’une médaille lui sera décernée par le représentant du gouvernement français le 14 juillet en remerciement de ses bons et loyaux services rendus à la France. Cette nouvelle étape de sa vie marque, selon Meka, le début d’une ascension sociale au sein d’un monde nouveau où Blancs et Noirs seraient des amis. Mais quelle ne sera pas sa surprise. Le Vieux Nègre et la médaille est un roman de la veine contestataire du fait colonial comme le sont d’ailleurs les autres œuvres de Ferdinand Oyono, Une vie de boy, ou encore Chemin d’Europe, ce dernier étant plus nuancé. Il est de ce fait idéologiquement marqué au sens où l’écriture se fait sur le mode de l’engagement autant au niveau politique, culturel que religieux. Mais au lieu d’un ton grave et réaliste comme c’était d’habitude en cette période contestataire, Oyono donne à son œuvre un peu de jeu en choisissant ce que Nicolas Martin-Granel appelle « la voie de dégagement » (11) qui est ici le rire. Le choix esthétique porte sur une représentation où le sérieux se traite par le non-sérieux, le grave par le léger, le...

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