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Haïti après le tremblement de terre

La forme, le rôle et le pouvoir de l’écriture

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Edited By Emmanuelle Anne Vanborre

En parallèle à la construction historique d’Haïti en tant que pays indépendant, la littérature haïtienne s’est montrée dynamique depuis plus de deux siècles. Les écrivains, poètes, artistes, créent et notent la vivacité culturelle d’Haïti. Le 12 janvier 2010, le séisme fait trembler la terre d’Haïti, fait trembler les corps et les âmes des personnes d’Haïti et d’ailleurs. Immédiatement après la catastrophe, les écrivains continuent à écrire, reprennent l’écriture, commencent à créer de nouvelles œuvres sur le tremblement de terre et ses conséquences. Plusieurs articles, récits, fictions, volumes collectifs sont publiés. La force et la vie de la littérature haïtienne continuent à impliquer les lecteurs, en éveillent de nouveaux. La misère, la douleur, la tristesse et la mort peuplent les lignes, mais la beauté, le courage, la vision et l’espoir sont également présents. Les mots essaient de contenir la complexité de la nouvelle face d’Haïti. Les mots essaient de capturer l’absence. Mais comment le témoignage est-il possible quand l’événement est une catastrophe, quand l’événement a pris la vie de tant de personnes, quand l’événement touche à la destruction et à la mort ? Ce volume s’attache à analyser les écrits qui ont trait au séisme, au rôle et au pouvoir de la littérature, à la nécessité d’écrire qui suit un tel événement traumatique. Le but est d’offrir une réflexion sur ce que peut la littérature, la fiction, ce que peuvent les mots devant le drame qui est survenu à Haïti.
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1. Haïti après le tremblement de terre : le témoignage impossible et nécessaire

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EMMANUELLE ANNE VANBORRE

Gordon College

« Que peut la littérature devant les grands malheurs ? Rien. Mais surtout pas se taire. »1 Lyonel Trouillot pose le difficile paradoxe auquel font face les écrivains. Il semble impossible mais nécessaire d’écrire, de témoigner, de raconter les événements qui se produisent, qui nous touchent, nous affectent et qui concernent également les autres. Mais en effet, comment est-il possible de témoigner quand l’événement qui s’est produit est une catastrophe, quand l’événement a pris la vie de tant de personnes, quand il s’agit de destruction et de mort ? Que peuvent faire l’écriture, le témoignage et la fiction, pour capturer la perte, la mort de l’autre, et pour transcrire le souvenir ? Et comment la littérature peut-elle saisir l’espoir et la survie nécessaires ? Quel est le pouvoir de la littérature, de la fiction, après un événement comme le tremblement de terre qui a secoué la terre d’Haïti le 12 janvier 2010 ? Il est difficile de répondre à ces questions mais il est fondamental d’y répondre car elles sont essentielles dans la mesure où l’importance de la fiction littéraire ne peut être minimisée même si la survie physique, matérielle, psychologique et morale des survivants est également primordiale. La fiction par son mode de fonctionnement permet la coexistence de contradictions, d’aspects opposés, présents dans les récits qui portent la...

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