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L'Univers de la création littéraire

Dans la chambre noire de l’écriture : «Hérodias» de Flaubert

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Philippe Willemart

Etude des manuscrits d’Hérodias de Flaubert, cet essai critique présente une théorie de l’écriture inédite qui dépasse les études habituelles sur les rapports entre la littérature et la psychanalyse. Suivant la formation de l’écriture à la trace, de folio en folio, l’auteur prend ses distances vis-à-vis de l’écrivain Flaubert et découvre un autre Flaubert enrichissant la littérature française qui se soumet progressivement non sans lutte à la tradition, à ses lectures, à ses voyages en Orient et à la langue française qu’il réinvente. Ainsi il se fait scripteur et devient l’auteur que nous connaissons. Détectant l’importance de la conception du temps pour ne pas dire du hors-temps dans la création, l’auteur rattache son étude à la quatrième dimension des physiciens et y voit la source des processus de création dans les arts et la littérature.

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Chapter 2: Pour une théorie de l’écriture à partir du manuscrit

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Chapitre 2 Pour une théorie de l’écriture à partir du manuscrit Retenant pour notre analyse la dix-septième séquence du premier chapitre du conte Hérodias :1 “Rien ne pressait, selon le Tétrarque, Iaokanann dangereux ? Allons donc ! Il affectait d’en rire”, nous essayerons de “faire bouger” cette séquence, comme le dit Raymonde Debray-Genette ou de la décongeler, comme le suggère le pilote de Pantagruel et de Panurge dans le Quart Livre. Nous verrons que la séquence ne constitue pas seulement “une poignée de parolles gelées” qu’il suffirait de réchauffer pour en entendre des sons parfois étranges parfois bizarres, mais qu’elle nous permettra de cerner un peu plus la nais- sance sinon la genèse d’une écriture. Nous détenant d’abord au texte publié, nous y constatons deux parties : 1) “Rien ne pressait, selon le Tétrarque” 2) “Iaokanann dangereux ? Allons donc ! Il affectait d’en rire” La deuxième partie répète le même élément “Iaokanann dangereux” sous trois formes différentes : une interrogation, une exclamation négative et un geste; formes que nous écrirons comme ceci : 1 ?, –1 !, –1. Remarquons ensuite que commentant la parole du Tétrarque par “il affectait”, le narra- teur juge son personnage en lui faisant nier l’élément négatif. Il nous révèle ainsi le jeu du Tétrarque qui fait semblant de rire ou qui affirme une chose 1 Pour faciliter la lecture et le classement des brouillons...

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