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François-Xavier Ortoli et l’Europe : réflexion et action

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Éric Bussière and Pauline Massis Desmarest

Directeur de cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, Commissaire au plan, plusieurs fois ministre, mais aussi directeur général du marché intérieur à Bruxelles à trente-trois ans et premier président français de la Commission européenne, François-Xavier Ortoli (1925–2007) représente une personnalité profondément originale au sein des élites politiques françaises de la deuxième moitié du XXe siècle. Après avoir combattu les Japonais en Indochine – son pays de jeunesse – en 1944 et 1945, il promeut l’ouverture internationale et la modernisation de l’économie française comme jeune fonctionnaire au ministère des Finances, puis à la Commission européenne entre 1958 et 1961. La France, l’Europe, le monde sont dès lors au cœur de ses préoccupations et de son action, tant auprès de Georges Pompidou jusqu’en 1972, qu’à la Commission européenne jusqu’en 1984, ou à travers des canaux institutionnels multiples par la suite.

C’est Ortoli lui-même qui parle dans le présent ouvrage où transparaît son goût pour l’analyse prospective. Les textes ici réunis rendent compte de la dimension spécifiquement européenne de sa pensée. Prises de position publiques, notes de réflexion ou de travail mais aussi correspondances révèlent le fonctionnement interne de la Commission ou mettent en avant des initiatives longtemps ignorées d’Ortoli comme Commissaire européen.

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Introduction

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générale

La décision de Madame Ortoli et de sa famille de déposer les papiers de François-Xavier Ortoli aux archives de l’Union européenne à Florence où ils reposent désormais et de les mettre ainsi à la disposition des chercheurs revêt une grande importance. François-Xavier Ortoli représente une personnalité profondément originale au sein des élites politiques françaises de la deuxième moitié du XXe siècle. Les responsabilités qu’il a assumées tout au long de sa carrière ne l’ont jamais enfermé dans le seul espace national. Entré à l’École nationale d’administration à peine arrivé d’Indochine après la guerre, il renonce à une carrière potentiellement brillante au Trésor. Il préfère s’occuper, au sein de l’administration des Finances, de favoriser l’ouverture des entreprises et de l’économie française à l’international. Mais cette dimension internationale passe bientôt par l’Europe, celle du Marché commun pour laquelle il opte en 1958. Espace national, espace mondial, espace européen constituent dès lors la base architecturale permanente de ses préoccupations. Dans les années 1960, c’est, principalement de Paris, la modernisation des structures économiques nationales dans la perspective de la mise en marche d’un marché ouvert sur l’Europe et le monde. Dans les années 1970 et 1980, c’est, principalement de Bruxelles, le renforcement de la cohésion et de l’intégration communautaires face aux mutations que connaît l’économie mondiale. Après 1985 et durant vingt...

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