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L’éthique de la libération d’Enrique Dussel

Penser l’altérité et l’utopie à partir du contexte latino-américain

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Berthony Saint-Georges

L’ouvrage présente d’abord l’éthique de la libération du philosophe argentin, Enrique Dussel, et la situe dans le courant de la philosophie latino-américaine. Il en retrace ensuite les étapes de construction à travers son dialogue avec la tradition occidentale, en particulier Marx, Levinas, Rorty, Habermas, Ricœur et Apel, mais également Kant et Heidegger. C’est le dialogue avorté avec Apel comme figure d’une éthique universaliste fondée sur la délibération qui constitue le tournant de la démarche. Dussel ressort de cet échange convaincu de la pertinence de son principe matériel nécessaire à la fondation d’une éthique qui résiste à l’exclusion des sans voix produite par le principe de raison universelle. L’éthique doit accepter son incomplétude matérielle de principe et renvoyer constamment à l’impossible communauté avec les victimes dont elle procède toujours. De cette manière, elle ouvre la voie à une politique de la justice, seule capable d’entreprendre le chemin commun auquel aspire l’éthique de la libération.

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Introduction

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Dans un monde de plus en plus marqué au niveau mondial par l’intégration des processus de production, par l’interconnexion des marchés financiers à côté des biens et des services et par l’interdépendance entre les nations, il n’est nul besoin d’attirer l’attention sur l’importance de la rencontre des cultures. C’est pourquoi, à l’instar du terme « globalisation », les notions de « multiculturalisme » ou d’ « interculturalité » habitent aujourd’hui un certain imaginaire collectif. Elles ne sont cependant point absentes de la réflexion de la communauté internationale1 et des politiques publiques2. Un certain consensus se dégage chez certains spécialistes de la culture pour définir le multiculturalisme comme l’ « interaction, l’échange et la communication entre les cultures où une personne reconnaît et accepte la réciprocité d’autrui »3. Le concept d’interculturalité, tout en conservant le sens donné au terme précédent, met en avant l’idée qu’il ne suffit pas de reconnaître et protéger chaque culture isolément, car cela ne garantit pas la création et le développement d’une véritable cohésion sociale. C’est pourquoi, la Réunion interministérielle du Réseau International sur la Politique Culturelle (RIPC) qui a eu lieu en Afrique du Sud en 2003 recommandera aux pays membres de promouvoir des « espaces » où les cultures pourront non seulement coexister, mais aussi interagir et apprendre à se connaître au sein d’une même société. Par là, la même réunion du RIPC entendait faire valoir...

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