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Mémoires de conflits, mémoires en conflits

Affrontements identitaires, tensions politiques et luttes symboliques autour du passé

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Olha Ostriitchouk

Cet ouvrage part du postulat que le degré d’effervescence mémorielle est proportionnel au degré de violence subie dans le passé ou de silence imposé et perçu comme une injustice non réparée. Les mobilisations mémorielles autour d’un devoir de mémoire prennent souvent la forme violente de « guerres de mémoire ». Leur violence symbolique (ou autre) est en corrélation avec la violence des conflits passés : violence résultant de la conquête de territoires, violence politique des régimes dictatoriaux, violence des vainqueurs envers les vaincus, violence des empires à l’égard de leurs sujets, violence de guerres civiles et de luttes de libération nationale… Querelleuses, les mémoires de conflits alimentent des tensions politiques, susceptibles de déclencher de nouveaux conflits.

Comment ces revendications à caractère purement mémoriel deviennent-elles un enjeu de lutte sociale et politique ? Quelle est l’attitude de l’État face aux visions alternatives, non officielles du passé ? Ces dernières parviennent-elles toujours à modifier le paradigme du grand récit national ? À quelles conditions peut-on arriver à un apaisement mémoriel durable ? Quelles sont les stratégies pour le rapprochement entre deux nations, autrefois belligérantes, ou pour la recherche d’une cohésion au sein d’une société divisée ? Un devoir de mémoire ne devrait-il pas s’accompagner d’un devoir de vérité pour toutes les parties impliquées dans le conflit ? C’est à ces questions, d’ordre d’abord éthique, que tentent de répondre les auteurs de cet ouvrage.

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Notices biographiques

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Anna Zadora, docteure en science politique, est chercheuse associée et chargée d’enseignement à l’Université de Strasbourg. Ses travaux portent sur les questions identitaires, l’enseignement de l’histoire, les politiques éducatives comparées et les usages sociaux de la mémoire dans l’espace postsoviétique, en particulier en Biélorussie.

Audrey Rousseau est candidate au doctorat en sociologie à l’Université d’Ottawa, boursière du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CSRH) et récipiendaire de la médaille académique du Gouverneur Général du Canada (M.A. 2012). Elle poursuit des recherches sur les discours de lutte pour la reconnaissance d’injustices historiques ayant affecté des groupes sociaux marginalisés.

Bogumil Jewsiewicki, professeur émérite au département d’histoire de l’Université Laval, est ancien titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire comparée de la mémoire et coresponsable avec Philippe Joutard et Marie-Claire Lavabre du séminaire EHESS, IEP-Paris et CELAT-Québec « Mémoires historiques d’ici et d’ailleurs » (enregistrements disponibles sur Vimeo).

Corinne Bonafoux, docteure en histoire contemporaine de l’Institut d’études politiques de Paris, est maître de conférences à l’Université de Savoie Mont Blanc. Ses recherches ont d’abord porté sur l’histoire politique et culturelle du catholicisme puis sur les rapports histoire mémoire et les questions d’enseignement.

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