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L’entreprise généalogique / The Genealogical Enterprise

Pratiques sociales et imaginaires en Europe (XVe–XIXe siècles) / Social Practices and Collective Imagination in Europe (15th–20th century)

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Edited By Stéphane Jettot and Marie Lezowski

Le présent ouvrage porte sur les ressorts de l’entreprise généalogique. L’investigation sur la parenté est un choix, souvent risqué : tout l’enjeu étant ici de mieux cerner les implications sociales de cette entreprise, à la croisée de l’individuel et du collectif, en la rapportant à un contexte complexe (culturel, matériel et socio-politique). L’histoire de la généalogie proposée est ainsi clairement distincte de l’étude des formes de la parenté et de la mémoire des familles, notamment élitaires.

Dans la continuité d’enquêtes sociales récentes, cette recherche collective analyse les mécanismes des pratiques généalogiques à partir de quatre thèmes complémentaires : la place de l’événement, le jeu des liens de sociabilité et de dépendance, les supports matériels et les imaginaires de la parenté qui lui sont associés, enfin, les choix éditoriaux. Le choix d’une longue séquence, du XVe siècle à nos jours, permet de réunir une pluralité d’entreprises et d’acteurs qui y concourent, des élites princières et citadines à la noblesse seigneuriale, en passant par le milieu des libraires-éditeurs et des artisans urbains. Si les généalogies étudiées n’ont pas de siècle d’or – déterminé en général selon les critères de l’érudition –, il existe cependant des contextes déterminants, qui sont identifiés à partir d’un large éventail de cas européens, mais peuvent aussi avoir une portée européenne. Aussi la dernière partie du volume est-elle consacrée à une inflexion notable du XVIIIe siècle : le développement européen de grandes entreprises éditoriales qui, mêlant biographies et cultures lignagères, anticipent sur l’apparition du marché généalogique des Who’s who et autres Bottins mondains.

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Connaissance de l’ancestralité et opération généalogique dans la monarchie médicéenne

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Olivier ROUCHON

Université d’Avignon

Abstract

This chapter is devoted to the mapping out of the genealogical work which took place in the political and social space dominated by the duke of Florence in the 16th cent. It sets out to explore the culture of ancestrality in the Tuscan urban elite and the antiquarian discourses of authoritative individuals such as Vincenzio Borghini (1515-1580) or Scipione Ammirato (1531-1601) who contributed to reconfiguring the art of inventing one’s ancestor. The author argues that an acceptable and coherent genealogical knowledge was established in Florence through a shared cooperation between the republican patriciate and well-trained genealogists. While the latter were well-respected figures at court, the former had kept a strong family culture about their ancestors. Without any state monopoly or formal public registration, an inclusive genealogical patrimony was built from 1570 onwards around the history of Florence. This was under the pressure of increasing social expectations and with the participation of the governing family of Great-Dukes of Tuscany. The latter built its ancestrality on a shared urban narrative, which linked the Medicis to the other elites.

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Envisager ce qu’a été le travail généalogique dans l’espace politique et social que dominent les ducs de Florence au XVIe siècle est une invitation à saisir en même temps une culture de l’ancestralité présente à l’intérieur des élites citadines de Toscane, et un discours d’autorité reconnu à des savants experts en mati...

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