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Dessillement numérique

Énaction, interprétation, connaissances

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Maryvonne Holzem and Jacques Labiche

Cet essai présente la recherche chemin faisant de deux auteurs de disciplines différentes : linguistique et reconnaissance de formes. Il tisse leur réflexion à partir d’un questionnement commun : qu’est ce qu’interpréter ? Comment s’approprier des connaissances à partir de documents ? Le numérique peut-il y aider ? En s’appuyant sur plusieurs projets de recherche, les auteurs conçoivent une plateforme informatique qui donne le rôle principal à la créativité de l’utilisateur.

Adossé à la sémantique textuelle et à l’approche énactive, cet ouvrage tente un dessillement qui prenne le contre-pied des évidences ontologiques. Il rejette une vision réductionniste de l’humain issue du computationalisme et d’une approche managériale de la révolution numérique. Pour penser les interactions usager-plateforme, il articule la phénoménologie dans sa dimension sémiotique à l’herméneutique philologique appliquée à un corpus juridique.

La question du sens et de son advenue sous-tend ce travail qui participe des sciences de la culture et ainsi s’ouvre à une réflexion éthique et politique comme le souligne François Rastier dans la préface.

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Épilogue. Bilan, perspectives et défis

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Épilogue

Bilan, perspectives et défis

I. État des lieux

I.1. Appauvrissement et Amnésie

Après avoir exposé les conditions et méthodes pour une aide à l’interprétation, nous ouvrirons notre conclusion par ce sous-titre peu glorieux1, pour prévenir des risques, déjà perceptibles, de ce qui s’appelle abusivement une Révolution Numérique2. Quatre-vingts ans après Paul Valery et son Bilan de l’intelligence3, éloge de la lenteur, nous ne faisons pas œuvre de beaucoup d’originalité en écrivant que les technologies qui ont ouvert la voie d’un bouleversement des rythmes du vivant ont suivi le même chemin dans le champ des connaissances.

I.1.1. Appauvrissement

Dans un récent ouvrage qu’il a dirigé, Bernard Stiegler conforte notre constat de « l’appauvrissement conséquent des approches technologisantes » lié à l’ère du numérique et il nous met solennellement en garde : « […] cette nouvelle forme de l’écriture qu’est selon nous le numérique, et qui impose de repenser l’esprit lui-même en totalité » (Stiegler, 2014, p. 14). Ces technologies ne provoqueraient donc pas une évolution prolongeant celle qui fut déjà amorcée tout d’abord par l’écriture puis par l’invention des techniques d’imprimerie, mais plutôt une régression en ce qui concerne nos modes de pensées et notre rapport aux objets culturels. En s’appuyant sur la théorie mathématique de l’information de Shannon, qui exclut sens et compréhension, Stiegler c...

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