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Pour une histoire connectée et transnationale des épurations en Europe après 1945

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Edited By Marc Bergère, Jonas Campion, Emmanuel Droit, Dominik Rigoll and Marie-Bénédicte Vincent

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe libérée est traversée par une même soif de justice à l’égard des anciens ennemis et de leurs collaborateurs. Ce livre interroge ce « moment 1945 » comme une expérience, sinon totalement commune, du moins largement partagée par delà la coupure Est-Ouest du continent qui s’installe rapidement. Dans une perspective d’histoire comparée, son objectif premier est de faire dialoguer des historiographies nationales des « épurations » déjà riches mais qui s’ignorent le plus souvent. Au-delà, le pari de cet ouvrage collectif réside dans sa capacité à proposer de manière originale les bases d’une histoire connectée et transnationale des épurations européennes. Pour ce faire, les auteurs portent une attention particulière aux phénomènes de circulation et de transferts en matière de normes, de pratiques, voire d’acteurs des épurations, puis des « dés-épurations ». De même, ils accordent une place privilégiée aux populations « déplacées » dans ce contexte, en considérant les expulsés, exilés et réfugiés comme un autre phénomène marquant de l’histoire chaotique de l’Europe post-1945 qu’il convient de relier à l’histoire des épurations.

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Introduction thématique et historiographique (Marc Bergère / Jonas Campion / Emmanuel Droit / Dominik Rigoll / Marie-Bénédicte Vincent)

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Introduction thématique et historiographique

Marc BERGÈRE, Jonas CAMPION, Emmanuel DROIT, Dominik RIGOLL, Marie-Bénédicte VINCENT

La fin de l’ordre international bipolaire, couplée à un renforcement accéléré dû au processus de mondialisation, constitue depuis une vingtaine d’années pour les historiens du temps présent à la fois une révolution intellectuelle de grande ampleur et un défi épistémologique exceptionnel. Ce double bouleversement géopolitique et socio-économique a considérablement modifié les données du système de référence des historiens1. À l’appui d’archives restées jusqu’à la fin des années 1980 sous l’étroit contrôle des dictatures communistes et rendues progressivement accessibles dans les pays d’Europe centrale et orientale2, les historiens du XXIe siècle peuvent enfin jeter un regard paneuropéen croisé sur un certain nombre d’événements historiques majeurs du « siècle des extrêmes », comme la Seconde Guerre mondiale ou la guerre froide. Dorénavant, ← 11 | 12 → l’Europe tout entière (re)devient, d’un point de vue spatial3, le terrain d’enquête des historiens. Ceci implique in fine un retour réflexif sur les conditions de production de la connaissance historique, c’est-à-dire sur les pratiques de recherche, sur la manière d’aborder les sources (comment travailler par exemple avec des perspectives archivistiques multiples ?), sur l’utilisation des catégories scientifiques et contemporaines mobilisées dans les langues et cultures nationales (épuration, répression, Zuivering, Säuberung, Denazification, oczyszczesnie,...

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