Show Less
Restricted access

Transmettre une fidélité

La Contre-Révolution et les usages du passé (France, Espagne, Italie ‒ XIXe-XXe siècles)

Series:

Edited By Bruno Dumons and Paul Chopelin

Ce volume collectif interroge les modalités d’élaboration, de diffusion et de perception des souvenirs historiques dans les milieux contre-révolutionnaires français, italiens et espagnols à l’époque contemporaine. Si la tradition historiographique contre-révolutionnaire, en tant que système de pensée, est aujourd’hui assez bien connue, elle ne doit pas dissimuler la multiplicité des usages militants du passé, à l’échelle individuelle ou collective. Pour ne pas rompre le « fil de l’histoire » et transmettre le flambeau aux nouvelles générations, les contre-révolutionnaires ont tout à la fois exalté la légitimité historique des princes et valorisé le comportement exemplaire de ceux qui ont su leur rester fidèles dans l’adversité. La construction de généalogies, d’armoriaux ou d’histoires familiales permet de conjurer la rupture révolutionnaire ou « l’usurpation » dynastique, tandis que les pèlerinages, auprès des princes en exil, sur des tombeaux ou sur des sites de bataille, se doublent souvent d’une collecte de souvenirs et de reliques. Les contributions réunies dans ce volume témoignent de l’émergence, à l’échelle européenne, d’une véritable contre-culture historique, fondée sur la célébration de la fidélité, érigée en vertu politique fondamentale face à « l’opportunisme libéral » et à la « subversion révolutionnaire ». Tout autant qu’aux supports – livres, monuments ou musées –, une grande attention a été portée aux acteurs de cette « histoire en blanc », leurs circulations et leur insertion dans les réseaux contre-révolutionnaires de leur temps.

Show Summary Details
Restricted access

Les usages politiques de la généalogie nobiliaire dans le royaume d’Italie (Simon Sarlin)

Extract

← 32 | 33 →

Les usages politiques de la généalogie nobiliaire dans le royaume d’Italie

Simon SARLIN

Après la réalisation de l’unité nationale, les noblesses italiennes furent confrontées à la fois à la question du maintien de leur statut social dans une société libéralisée et à celle de leur place au sein d’un État envers lequel elles s’étaient montrées en grande partie indifférentes ou hostiles. L’institution en 1869 d’une Consulta Araldica del Regno d’Italia, commission de nomination royale chargée de contrôler les titres de noblesse et d’harmoniser les différentes traditions régionales en matière nobiliaire, puis celle de commissions régionales en 1889, traduisait la volonté de « nationaliser » ce secteur encore influent de l’élite que constituait l’ancienne aristocratie, tout en réaffirmant la prérogative royale dans la définition de la noblesse. Même si elle se heurta à la résistance passive d’importants segments aristocratiques (« aristocratie noire » à Rome, nobles « bourboniens » à Naples), cette procédure de reconnaissance joua un rôle certain dans la floraison contemporaine, dans le dernier tiers du XIXe siècle, d’initiatives nobiliaires sur le terrain de l’héraldique et de la généalogie : publications de revues, d’annuaires, d’almanachs, d’ouvrages techniques, de répertoires, création d’associations d’héraldistes et de généalogistes en lien avec les commissions officielles. Si d’un côté ces outils offraient une aide pour affronter des procédures de reconnaissance réclamant une...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.