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Transmettre une fidélité

La Contre-Révolution et les usages du passé (France, Espagne, Italie ‒ XIXe-XXe siècles)

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Edited By Bruno Dumons and Paul Chopelin

Ce volume collectif interroge les modalités d’élaboration, de diffusion et de perception des souvenirs historiques dans les milieux contre-révolutionnaires français, italiens et espagnols à l’époque contemporaine. Si la tradition historiographique contre-révolutionnaire, en tant que système de pensée, est aujourd’hui assez bien connue, elle ne doit pas dissimuler la multiplicité des usages militants du passé, à l’échelle individuelle ou collective. Pour ne pas rompre le « fil de l’histoire » et transmettre le flambeau aux nouvelles générations, les contre-révolutionnaires ont tout à la fois exalté la légitimité historique des princes et valorisé le comportement exemplaire de ceux qui ont su leur rester fidèles dans l’adversité. La construction de généalogies, d’armoriaux ou d’histoires familiales permet de conjurer la rupture révolutionnaire ou « l’usurpation » dynastique, tandis que les pèlerinages, auprès des princes en exil, sur des tombeaux ou sur des sites de bataille, se doublent souvent d’une collecte de souvenirs et de reliques. Les contributions réunies dans ce volume témoignent de l’émergence, à l’échelle européenne, d’une véritable contre-culture historique, fondée sur la célébration de la fidélité, érigée en vertu politique fondamentale face à « l’opportunisme libéral » et à la « subversion révolutionnaire ». Tout autant qu’aux supports – livres, monuments ou musées –, une grande attention a été portée aux acteurs de cette « histoire en blanc », leurs circulations et leur insertion dans les réseaux contre-révolutionnaires de leur temps.

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Les souvenirs pieux d’une culture contre-révolutionnaire (Claude-Isabelle Brelot)

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Les souvenirs pieux d’une culture contre-révolutionnaire

Claude-Isabelle BRELOT

C’est une acception large du terme « Contre-Révolution » qui sera retenue dans cet article. En effet, si les libellistes, les agents et les théoriciens de la Contre-Révolution s’inscrivent dans une durée relativement brève, entre 1789 et 18041, la postérité de ce courant de pensée s’inscrit dans la longue durée d’un XIXe siècle qui court jusqu’en 1914 au moins2. Le courant réactionnaire, dans les domaines politique, religieux et social, est contre-révolutionnaire.

Malgré une longue fréquentation de nombreux fonds privés appartenant à des familles nobles connues au XIXe siècle pour leur royalisme, aucune collection d’objets contre-révolutionnaires n’a été rencontrée dans la noblesse provinciale. Il est vrai que la région étudiée – la Franche-Comté – n’a connu qu’une insurrection fédéraliste jurassienne et « la Petite Vendée », presque exclusivement paysanne, en septembre 1793 ; le château n’y est donc pas un lieu de mémoire contre-révolutionnaire et c’est à l’église de Maîche (Doubs) qu’a été placée la plaque commémorative des victimes de la répression. Cette communication est donc quelque peu en porte-à-faux. La noblesse, de surcroît, se distingue par des pratiques culturelles spécifiques. Ces constats posent toutefois une question qui n’est pas sans intérêt : pourquoi cette absence dans un milieu pourtant soucieux de conservation patrimoniale et amateur de collections...

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