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Un dénuement fastueux

Les œuvres d’art dans les chartreuses médiévales

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Cristina Dagalita

En 1385, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi fonde la chartreuse de Champmol, près de Dijon. Les œuvres somptueuses réalisées pour ce monastère reflètent-elles la spiritualité des chartreux ? Cet ouvrage propose un regard transversal sur l’art produit pour les moines chartreux au cours du Moyen Âge. Il analyse la manière dont ceux-ci envisageaient la création artistique, d’après le témoignage de leurs textes normatifs ou mystiques. Peut-on dire qu’il y a eu un « art chartreux » ? La présent livre explore les mécanismes de la commande artistique en se plaçant du point de vue d’un ordre placé sous le sceau de l’austérité, mais destinataire de nombreuses œuvres d’art.

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Chapitre 1. Les références aux œuvres d’art dans les textes normatifs des chartreux

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Chapitre 1

Les références aux œuvres d’art dans les textes normatifs des chartreux

Au début du XIIe siècle, cinq communautés monastiques proches de la Grande Chartreuse ont demandé de suivre les usages de la maison établie par Bruno de Cologne en 108417. Les quatre « filles » de Cîteaux, La Ferté, Pontigny, Clairvaux et Morimond, venaient alors d’être fondées. Ces fondations ont été à l’origine d’un développement dans le domaine législatif. Les premières rencontres entre les abbés cisterciens menèrent à la rédaction de la Carta caritatis, un texte offrant une lecture plus stricte de la règle bénédictine, qui devait être achevé au moment de la confirmation de l’ordre, en 1119, par le pape Calixte II (1119-1124)18. La charte, suivie de manière uniforme, allait être à la base du système normatif cistercien. Une même volonté de conformité ressort de l’initiative des maisons avoisinant la Grande Chartreuse de solliciter un écrit de référence, afin de connaître et pouvoir suivre son mode de vie.

Les Coutumes de Chartreuse, écrit fondateur de la législation de l’ordre

Ce travail a été entrepris entre 1121 et 1128, par Guigues Ier, le prieur de la Grande Chartreuse. Il se présente sous la forme d’une lettre adressée aux supérieurs Bernard de Portes, Milon de Meyriat et Humbert de Saint-­Sulpice. Dans le prologue, Guigues évoque leurs demandes...

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