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Un dénuement fastueux

Les œuvres d’art dans les chartreuses médiévales

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Cristina Dagalita

En 1385, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi fonde la chartreuse de Champmol, près de Dijon. Les œuvres somptueuses réalisées pour ce monastère reflètent-elles la spiritualité des chartreux ? Cet ouvrage propose un regard transversal sur l’art produit pour les moines chartreux au cours du Moyen Âge. Il analyse la manière dont ceux-ci envisageaient la création artistique, d’après le témoignage de leurs textes normatifs ou mystiques. Peut-on dire qu’il y a eu un « art chartreux » ? La présent livre explore les mécanismes de la commande artistique en se plaçant du point de vue d’un ordre placé sous le sceau de l’austérité, mais destinataire de nombreuses œuvres d’art.

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Chapitre 4. Le monastère de Champmol, près de Dijon, et l’entraînement à la vie contemplative

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Chapitre 4

Le monastère de Champmol, près de Dijon, et l’entraînement à la vie contemplative

Chartreuse princière et demeure éternelle

Dans la charte de fondation de la chartreuse de Champmol, donnée le 15 mars 1385, Philippe le Hardi se rapporte d’emblée à la tradition de ses devanciers, « ensuivant les traces et bonnes œuvres de nos prédécesseurs »380. En établissant un tel couvent, songe-­t-il aux actions de son grand-­père, Philippe VI, auprès de Bourgfontaine et de Vauvert ? Souhaite-­t-il poursuivre celles entreprises par les ducs capétiens de Bourgogne en faveur de l’ordre381 ? Certes, il y a là un point de convergence qui ne pouvait que servir l’aspiration du plus jeune des quatre fils de Jean le Bon de joindre ces deux héritages.

Depuis 1363, Philippe le Hardi était premier pair du royaume. Il tire parti de manière adroite d’une conjoncture favorable, créée par son mariage avec Marguerite de Flandre, en 1369, et par ses liens de parenté avec les souverains voisins, en France et dans l’Empire germanique. Le duc de Bourgogne édifie une principauté puissante, qu’il modèle sur la cour de France tout en faisant valoir ses spécificités382. Ce qui prime néanmoins dans sa démarche est sa conviction du profit pour le salut des âmes de la prière des religieux ayant décliné les richesses du monde. Parmi eux, son estime va surtout...

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