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Le Muscle et l’Esprit

Masculinités germano-juives dans la post-migration : Le cas des yekkes en Palestine / Israël après 1933

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Patrick Farges

En 1933, le régime nazi mit en place une politique de discrimination puis de persécution des citoyens juifs du Reich, qui contraignit des milliers de personnes à la migration forcée vers diverses destinations, dont la Palestine sous mandat britannique (qui deviendra Israël en 1948). Cette migration des années 1930 est parfois appelée « cinquième aliyah » dans l’historiographie israélienne. Pour ces personnes, l’adaptation post-migratoire fut complexe : la migration représenta une rupture importante, affectant tant les liens sociaux que l’identité culturelle et les représentations genrées. Relationnelle, multidimensionnelle et intersectionnelle, l’histoire des masculinités intègre différentes formes de domination : domination des hommes sur les femmes, domination de certains hommes sur d’autres hommes, mais aussi rapports de domination sociale et raciale. Ce sont ces intersections sociales complexes, ainsi que l’influence des différentes formes de nationalisme (du nationalisme antisémite exacerbé en Allemagne jusqu’au projet sioniste) sur l’injonction à agir « en homme », qui sont au cœur de l’ouvrage.

Après le nazisme et la Shoah, il est devenu difficile de penser ensemble identité juive et allemande. Par bien des aspects pourtant, les Juifs germanophones en Palestine/Israël (désignés par le terme yekkes) ont maintenu une identité distincte. L’un des défis fut de satisfaire aux exigences du programme genré du sionisme, marqué par une obsession de la régénérescence virile et un état de guerre quasi-permanent, conduisant à survaloriser les conduites martiales. Or la majorité des hommes de la « cinquième aliyah » ne correspondaient en rien à l’idéal du pionnier (halouts) ni du « Nouveau Juif » sionistes, et certains parmi les yekkes – hommes et femmes – ne pouvaient pas ne pas voir à quel point ce nationalisme viriliste exacerbé ressemblait à celui qui les avait chassés d’Europe.

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POSTFACE

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Cet ouvrage est la version remaniée de l’« inédit » soumis dans le cadre d’une habilitation à diriger des recherches, soutenue en novembre 2016 à l’Université Paris-Sorbonne. Ma très grande gratitude va à Bernard Banoun, qui a accompagné ce projet depuis ses débuts en 2012. Que soient également remerciés les rapporteurs et membres du jury pour leurs remarques constructives sur la première version de ce manuscrit : Dominique Bourel, Nancy L. Green, Hélène Miard-Delacroix, Joachim Schlör et Céline Trautmann-Waller. Merci aussi à Anne Isabelle François pour sa relecture attentive du premier manuscrit.

Sans la rencontre décisive avec Anne Betten à Salzbourg en 2011, je ne me serais sans doute jamais plongé aussi intensément dans les récits de vie formant l’univers de l’« Israel-Corpus » : je la remercie pour son amitié, sa rigueur scientifique et ses nombreuses remarques faites tout au long des années. À mes amis de Tel-Aviv (et d’ailleurs), je dis « רבה תודה» : Dani Issler, Benny Majersdorf Mer et Jonathan Stavsky… ils ont grandement affiné mon regard sur les enjeux israéliens.

Je remercie aussi les institutions grâce auxquelles j’ai effectué les recherches préalables à l’écriture de cet ouvrage : l’Office allemand des échanges universitaires (DAAD), la 12e section du Conseil national des universités (qui m’a accordé un semestre de congé en 2013), le Zentrum für Antisemitismusforschung (Berlin), le Minerva Institute for German History de l’Université de Tel-Aviv, la Wiener Library for the Study of the Nazi Era...

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