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L’image du Soi

Fichte – Feuerbach – Althusser

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Luc Vincenti

Ce livre sur l’identité personnelle se distingue des recherches contemporaines par la présentation des racines de la conscience de soi dans les philosophies modernes de la réflexion et de la subjectivité. Le Soi, comme acte réflexif, est rapproché de l’image laquelle est constituée par le rapport entre ses éléments. Définir la conscience de soi en termes d’image conduit vers la philosophie tardive de Fichte, mais aussi vers Feuerbach qui définit l’essence humaine comme projection d’une image, et vers Althusser reprenant le redoublement spéculaire dans sa critique de l’idéologie. La filiation des trois auteurs n’a jamais été étudiée, on la trouve entre autres dans le dépassement de l’individu ou la dimension universelle de la conscience de soi. Ce parcours permet ainsi de comprendre comment par la défense de l’humanisme pratique et l’inévitable part de l’imaginaire idéologique dans l’engagement social, Althusser rejoint Fichte en refusant la réification de l’idéal au profit d’un dynamisme expliquant et enveloppant l’action morale et politique.

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Chapitre 1. La construction du Moi chez Fichte

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On présente couramment la philosophie de Fichte comme celle qui a fait du Moi un Absolu. Cela vaut pour le public de l’époque fichtéenne comme pour la littérature actuelle (cf. récemment encore, Die Zeit, n° 20, 10 mai 2012, article de Thomas Meyer « Ich, das Absolute »), ou pour l’histoire de la philosophie. Cette confusion persiste sous différentes formes tout au long du commentaire français de Fichte, commentaire qui est pourtant une dimension essentielle du fichtéanisme. C’est d’abord Xavier Léon49 qui reproduit la confusion initiale en posant l’intuition intellectuelle au fondement du premier exposé de 1794, mais sans trop de conséquences puisqu’il précise dans le même chapitre la distinction entre le Moi absolu du § 1 de la Grundlage et le Moi de la conscience de Soi en soulignant que « Le principe qui est le fondement réel de la conscience lui apparaît comme son but idéal »50. Martial Gueroult ensuite, à qui Alexis Philonenko reproche le caractère hégélien de son interprétation. Puis c’est A. Philonenko, qui souligne l’absence de l’intuition intellectuelle en 1794, et qui, à l’inverse de Hegel, n’a pas rapporté le premier exposé au second, mais interprète l’ensemble de la doctrine à partir du Moi pur de la Grundlage saisi comme illusion transcendantale.

Les mésinterprétations du Moi dues au mépris de la distinction entre Moi pur et Moi fini sont également courantes dès les premières ann...

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