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De Kleist à Döblin

Littérature, Histoire, Politique

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Michel Vanoosthuyse

Cet ouvrage réunit des études sur la littérature de langue allemande écrite à l’orée du romantisme jusqu’au XXe siècle. Le but est d’explorer les rapports complexes entre le texte littéraire de fiction et l’Histoire. Quelques études, moins centrées sur la thématique historique, envisagent le travail littéraire dans sa dimension d’identification et d’interrogation du sujet sur lui-même. Mais quelle que soit la thématique, le texte de fiction est ici compris comme un acte, un processus singulier de connaissance. Aucune différence d’approche n’existe dès lors entre des œuvres définies, par exemple, comme des processus compliqués d’affranchissement des idées révolutionnaires françaises et des textes interprétés comme des quêtes de solution aux problèmes personnels posés par la vie.

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Le roman historique, façon Brecht

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Dans la théorie comme dans la pratique du théâtre, c’est du roman que Brecht reçoit des impulsions décisives ; on le voit en retour transposer dans le roman des éléments centraux de sa théorie et pratique théâtrales pour produire ce qu’on pourrait appeler un « roman épique ».

Dire que Brecht reçoit du roman des impulsions décisives nécessite de préciser de quelle sorte de roman il s’agit. Certainement pas de celui de la tradition européenne du « réalisme », tel que Lukács le théorise depuis les années 1930, avec ses auteurs canoniques, Balzac, Tolstoï, Thomas Mann. Brecht ne cesse de ferrailler contre ce réalisme, au motif qu’il ne saurait être opératoire dans le cadre d’une littérature « intervenante ». « L’art de montrer le monde de telle sorte que l’homme puisse le maîtriser », c’est la grande affaire de Brecht et cela passe par « la crise de l’acte par lequel le spectateur prend possession de l’œuvre d’art », et par la réélaboration de l’appareil de représentation autour du concept de « Verfremdung ».

Sur ce chemin, Brecht rencontre son aîné de vingt ans, Döblin. La rencontre s’effectue d’abord autour de principes généraux et de diagnostics communs : le refus de l’autonomie du champ littéraire où ne prévaudrait que la juridiction du « beau » ; l’idée que la littérature est une « manière de penser » spécifique et un moyen de...

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