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«Germinal», la mine et les arts

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Encarnacion Medina Arjona

Paru en 1885, Germinal, le roman de d’Émile Zola, occupe toujours le devant de la scène littéraire et sociale.

Entre viol de la nature et nostalgie d’une poésie champêtre, quelle est l’évolution artistique de la mine dans la littérature française avant Germinal ? Quel sens proposent les textes précurseurs du roman ? Sont-ils évocateurs nostalgiques d’un monde terrible et fraternel ? Que nous révèle la construction du roman, sa genèse, les moments clés tant de l’énonciation que de l’énoncé ? Quel sens a eu le roman pour ses contemporains, pour ses lecteurs, la réception en France et à l’étranger, la censure, les adaptations théâtrales et musicales ? Et quel est le sens des appropriations sociales au XXe siècle, des interprétations et réinterprétations modernes dans les arts visuels ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Germinal, la mine et les arts essaie de répondre.

Réunissant des études de spécialistes universitaires, ce volume contribue à une histoire littéraire en participant à une histoire culturelle.

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Photographes de la mine

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JEAN ARROUYE

Université d’Aix-en-Provence

En 1928 le photographe allemand Albert Renger-Patzsch publie un livre de photographies intitulé Le monde est beau qui a l’extrême originalité pour l’époque de mêler photographies de paysages naturels et industriels, de plantes et d’objets manufacturés, d’animaux et de machines. Dans cet ouvrage Albert Renger-Patzsch inclut des photographies de mines, sujet qu’il continuera à photographier ensuite toute sa vie, de sorte que l’on pourrait soutenir que, comme on doit à Émile Zola l’introduction réussie de ce sujet en littérature, on doit à Albert Renger-Patzsch son insertion dans les arts visuels. Car ses photographies ont une double ambition, documentaire, de monstration du monde peu connu des mines, et artistique, d’élaboration d’un style original, approprié à ce sujet nouveau1.

C’est en cela, surtout, qu’Albert Renger-Patzsch est novateur car le monde industriel, utilitaire, n’est pas considéré comme esthétisable, malgré les quelques usines représentées en peinture, de Courbet à Picasso en passant par les impressionnistes, et les trains que l’on peut trouver dans des tableaux de William Turner, d’Émile Loubon, d’Edgar Manet, de Claude Monet ou de Vassily Kandinsky2. Ces sujets ne sont jamais traités pour eux-mêmes : les usines sont intégrées au paysage naturel ou, avec Picasso, prétexte à spéculation formelle et les trains sont occasion de pittoresque grâce à leur panache de vapeur. Mais l’on ne saurait naturaliser les tours de fer aux multiples entretoises des chevalements, comme ← 247...

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