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Construction du sens : un modèle instructionnel pour la sémantique

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Gilles Col

L'omniprésence de la polysémie dans les langues force à considérer la compréhension des énoncés comme un processus dynamique, dans lequel le sens de chaque unité linguistique se détermine en même temps que se construit le sens global de l'énoncé. Dans cette perspective, cet ouvrage expose un cadre théorique dans lequel la dynamique d'interaction entre unités linguistiques, appelé ici compositionnalité gestaltiste, obéit à un principe de convocation-évocation : les différents composants élémentaires d'un énoncé contribuent à construire une représentation globale dans un espace intersubjectif appelé scène verbale. Le principe de convocation-évocation constitue ce qui définit l’identité de toute unité linguistique et s’exprime sous la forme d’une instruction dynamique de construction du sens. L’ouvrage présente comment sont établies ces instructions à partir d’analyses de certaines unités grammaticales de l’anglais sur corpus annotés, et il expose, dans ce cadre nouveau de la sémantique instructionnelle, une première tentative de modélisation du processus de construction du sens dans son déroulement progressif et dynamique.

«Loin d’être une curiosité isolée de l’esprit, le langage est intimement lié aux autres facultés cognitives et corporelles de l’être humain. La linguistique cognitive nous a ouvert des voies très riches et radicalement nouvelles pour explorer ces liens. Cette démarche est magistralement illustrée dans le présent ouvrage, où Gilles Col développe sa recherche approfondie sur la construction du sens, appuyée par des analyses fines et détaillées, et une érudition hors pair.»

Gilles Fauconnier, Professeur Emeritus de Sciences Cognitives, Université de Californie, San Diego, USA

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Chapitre 5 : L’instruction de on

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Comme nous venons le voir avec over et by/until, l’hypothèse que nous défendons cherche à replacer les prépositions dans la construction du sens d’un énoncé et de sa représentation par la mise en place d’une scène verbale. Le rôle des prépositions est de définir la scène verbale qui se construit au fur et à mesure du déroulement et de la perception du discours, en lui donnant une topologie. Dans cette optique, on considère qu’une préposition est une unité linguistique qui donne une instruction topologique à la scène, en donnant une instruction de construction du sens (voir plus haut les exemples de over, by, until).

Un des problèmes posés par les prépositions de l’anglais est qu’elles ont des emplois relativement plus « décolorés » que celles du français, et que par ailleurs, comme nous l’avons déjà constaté, elles peuvent être morphologiquement identiques aux « particules ».

La question des « particules » nous intéresse en premier chef dans les paragraphes qui suivent, car leur catégorisation étant fonction de leur environnement, il va s’agir d’essayer de mettre en évidence une dynamique de « particularisation » (ou de « transformation progressive en particule ») à travers l’exemple de l’une d’entre elles, et en proposant des pistes1 pour établir sa forme schématique.

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