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Lettres des femmes de la famille Granvelle

Édition et étude de documents inédits

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Eva Pich-Ponce

Ce volume présente l’édition et l’étude de 178 lettres manuscrites et inédites, qui mettent en évidence la vie quotidienne des femmes de l’une des familles les plus puissantes de la Franche-Comté du XVIème siècle.

La famille Granvelle a été essentielle pour l’Empire de Charles Quint. Plusieurs études ont retracé le rôle que Nicolas et Antoine Perrenot ont joué comme conseillers d’État de l’empereur, mais très peu se sont centrées sur la vie de cette famille de Besançon et sur l’importance de Nicole Bonvalot, épouse de Nicolas et mère du cardinal de Granvelle.

Les lettres de Nicole Bonvalot et de ses filles éditées dans cet ouvrage permettent de mieux connaître les membres de cette famille et leurs relations avec d’autres personnalités de Besançon. Leur écriture, marquée par de nombreux traits d’oralité, dévoile des aspects importants de la langue française parlée au XVIème siècle. Elle fournit des informations fondamentales sur la prononciation, la syntaxe et le lexique utilisés à Besançon à cette époque.

Tout en donnant la parole aux femmes, dont les écrits ont souvent été ignorés, ce volume montre le pouvoir que les dames de cette famille détenaient dans la société de leur temps.

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L’héritage : les conflits et le partage des biens

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Les conséquences de la mort de Nicolas Perrenot

Après la mort de son mari, Nicole Bonvalot continue à s’occuper des biens et des seigneuries que la famille possède. Comme l’explique Antony, à Besançon « le mariage n’émancipe pas les enfants mariés ; à la mort de son époux, la mère survivante gouverne le ménage comme le faisait son mari »436. Dans les années 1560, les grandes dettes accumulées par son fils Frédéric à la cour et la perte d’influence de son fils Antoine, poussent madame de Granvelle à percevoir la position de la famille avec pessimisme. À cela s’ajoute l’état de santé délicat de Nicole Bonvalot, qui n’a plus les forces d’autrefois.

Dans les lettres qu’elle écrit à Antoine Perrenot, Nicole se plaint fréquemment du peu de reconnaissance qu’elle a reçue après la mort de son mari. Selon madame de Granvelle, les services qu’a rendus son époux de son vivant ont été oubliés après sa mort437. Elle affirme qu’elle n’a pas reçu de faveurs de la cour bien qu’elle ait perdu un mari et un fils au service des Habsbourg438.

Non seulement Nicolas a été oublié, mais certains essayent même de dénigrer sa mémoire. En effet, Ferdinand de Gonzague accuse le feu seigneur de Granvelle d’avoir reçu un présent de quatre mille écus de←85 | 86→ Milan439. Or, selon Nicole Bonvalot, Nicolas et elle ont re...

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