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Le Locus Terribilis

Topique et expérience de l’horrible

Edited By Julian Muela Ezquerra

Les travaux critiques, peu nombreux, sur le locus terribilis ont toujours défini ce topos descriptif comme un simple contrepoint du locus amoenus exploré par H. R. Curtius. Les lieux hostiles détiennent cependant une place importante dans les textes narratifs français ou francophones, et leur fonction dépasse souvent celle de l’ inamoenitas décorative. Les études contenues dans ce volume révisent une double typologie d’espaces : d’un côté, elles analysent les mutations de certains loci « classiques » (enfer, forêt, désert, lieux d’exil …) ; de l’autre, elles montrent comment l’activité humaine redéfinit parfois (par sa seule présence ou par son intervention technique) les lieux de la fiction narrative, provoquant une nouvelle expérience de l’horrible. La hantise de l’hostile demeure donc accrochée à l’univers narratif et peut contribuer même à préciser les limites ou les clichés de certains genres littéraires.

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Espaces merveilleux, terrifiants et hostiles dans Berinus María Jesús SALILLAS PARICIO (Universidad de Zaragoza) 73

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MARÍA JESÚS SALILLAS PARICIO Espaces merveilleux, terrifiants et hostiles dans Berinus Les héros du roman de Berinus se déplacent d’un endroit à autre tout le long des 1671 chapitres qui le composent, ayant l’occasion de découvrir des espaces lointains, merveilleux, étonnants et parfois même terrifiants surtout dans la première partie du roman, pour revenir à des lieux moins exotiques et beaucoup mieux connus des lecteurs de la fin du Moyen Âge2 dans la deuxième partie, où les espaces merveilleux et terrifiants deviennent tout simplement hostiles. Nous nous proposons de faire une analyse dans les pages qui suivent de tous ces loci horribiles en rapport avec la structure de ce long roman. Faisons d’abord quelques remarques sur cette œuvre singulière très peu étudiée jusqu’à présent. Le roman de Berinus du XIVe siècle est la mise en prose d’un roman antérieur écrit en vers qui aurait été composé en 1252 selon Bossuat (1933 : 387) et dont on ne conserve que deux fragments très brefs3, ce qui selon Poirion (1983 : 294) pourrait indiquer le faible succès de cette version d’origine. Par contre, le remaniement en prose, qui peut « difficilement être antérieur à 1350 et postérieur à 1370 » (Huet, 1915-1917 : 477), aurait sans doute connu une plus grande faveur du public étant donné qu’il nous est parvenu dans quatre manus- crits entiers ou presque et un fragment de deux feuillets du XVe siècle 1 Les titres de tous ces...

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