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Le Locus Terribilis

Topique et expérience de l’horrible

Edited By Julian Muela Ezquerra

Les travaux critiques, peu nombreux, sur le locus terribilis ont toujours défini ce topos descriptif comme un simple contrepoint du locus amoenus exploré par H. R. Curtius. Les lieux hostiles détiennent cependant une place importante dans les textes narratifs français ou francophones, et leur fonction dépasse souvent celle de l’ inamoenitas décorative. Les études contenues dans ce volume révisent une double typologie d’espaces : d’un côté, elles analysent les mutations de certains loci « classiques » (enfer, forêt, désert, lieux d’exil …) ; de l’autre, elles montrent comment l’activité humaine redéfinit parfois (par sa seule présence ou par son intervention technique) les lieux de la fiction narrative, provoquant une nouvelle expérience de l’horrible. La hantise de l’hostile demeure donc accrochée à l’univers narratif et peut contribuer même à préciser les limites ou les clichés de certains genres littéraires.

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Le locus horribilis dans Maximilien Heller : à la limite du fantastique Virginie FERNANDEZ (Universidad de Zaragoza) 141

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VIRGINIE FERNANDEZ Le locus horribilis dans Maximilien Heller : à la limite du fantastique Henry Cauvain (1847-1899) publie Maximilien Heller, son premier ro- man1, en 1871 à l’époque où le roman policier a déjà été lancé en France par Émile Gaboriau avec des romans dits « judiciaires » comme L’affaire Lerouge, Le Crime d’Orcival, Le Dossier nº 113 et Monsieur Lecoq2. À Paris, le 3 janvier 1845, le narrateur anonyme, un docteur, est ap- pelé à visiter un curieux malade, Maximilien Heller, avocat retiré du monde. Le soir même de leur rencontre, un commissaire de police se présente chez Heller car son voisin de palier, un certain Guérin, est accu- sé d’avoir assassiné son maître, M. Bréhat-Lenoir, pour s’emparer de son argent. Heller et le docteur assistent à la perquisition de l’appartement de Guérin. La police n’y trouve rien. Heller est convaincu de l’innocence de son voisin. Il se lance alors dans sa propre enquête. Henry Cauvain fait partie de ces auteurs qui ont su après Gaboriau et avant Conan Doyle faire la transition entre le roman populaire et le ro- man policier3. Le roman est relativement court comparé à la production policière de l’époque. C’est ce qui fait sa force. Mais pas seulement. L’intrigue concentrée réunit plusieurs ingrédients gagnants, un enquêteur amateur éclairé, un criminel machiavélique, un meurtre en chambre close et une histoire du crime mystérieuse. Les ressemblances avec son successeur Sherlock Holmes, qui fera son apparition pour la...

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