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Corps écrit, corps écrivant

Le corps féminin dans les littératures francophones des Amériques

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Edited By Christine K. Duff and Claudia Labrosse

Cet ouvrage vise à cerner la place qu’occupe le corps féminin dans la production littéraire francophone des Amériques et des Caraïbes en invitant chacun(e) de ses auteur(e)s à s’interroger sur le topos que constitue la chair féminine dans l’écriture fictionnelle. Il est clair que le corps, pour les femmes, est bien un lieu à partir duquel écrire, mais en lui s’inscrivent aussi les enjeux d’une société, d’une culture et d’une poétique. L’écriture du corps féminin, qu’elle définisse la position d’un sujet-corps dans la narration ou l’ensemble de ses représentations textuelles, se transforme-t-elle en fonction de variables comme l’emplacement géographique, la période historique, le cadre socio-culturel (pouvant être marqué par l’expérience de l’esclavagisme dans les Caraïbes ou encore la répression de l’Église catholique dans le contexte canadien français) ? Conserve-t-elle, en dépit de tout, des éléments communs ? Voici les questions auxquelles il devient possible de répondre à la lecture des douze articles colligés dans ce collectif réunissant des chercheur(e)s d’origines diverses.

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I. Symbolique et imaginaire du corps féminin

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Le corps féminin comme concept surdéterminé, entre lieu commun et symbolique identitaire dans TXDWUHURPDQVGH5DSKDsO&RQ¿DQWHWBeloved de Toni Morrison Emmanuelle RECOING La critique littéraire et notamment Thomas Spear, par l’article « Jouis- sances carnavalesques : représentations de la sexualité », a pu percevoir les romans de Raphaël Confiant comme autant d’exemples d’un discours androcentriste producteur de stéréotypes sur le corps féminin antillais : Dans les romans antillais (écrits à la fois par des femmes et des hommes), on trouve souvent le personnage du « kokeur » (ou « coqueur »), connu pour sa virilité victo- rieuse […]. Les références à la puissance sexuelle des hommes foisonnent. […] Chez des écrivains tels que Depestre ou Confiant, la « supériorité » physique de l’homme est plutôt glorifiée que mise en doute. (Spear, in Condé et Cottenet-Hage 138-139) et, plus loin : Cette colonisation du sexe féminin date certainement d’avant le débarquement des premiers Africains et Européens aux Antilles. Chez des écrivains hommes et femmes, on trouve souvent la femme comparée à un champ à labourer, ensemencer.1 On ne sortira sans doute jamais de ce machisme colonisateur. (Spear, in Condé et Cottenet- Hage 147) Parallèlement, l’étude de Richard Burton Le roman marron assimile la Créolité à une idéologie à tendance matrifocale. En posant qu’une reven- dication identitaire peut se dire à partir du féminin, Confiant fait du corps de la femme antillaise un vecteur d’images et pratiques culturelles qui participent, simultanément, de l’authenticité créole et du « lieu commun ». 1...

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