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Corps écrit, corps écrivant

Le corps féminin dans les littératures francophones des Amériques

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Christine K. Duff and Claudia Labrosse

Cet ouvrage vise à cerner la place qu’occupe le corps féminin dans la production littéraire francophone des Amériques et des Caraïbes en invitant chacun(e) de ses auteur(e)s à s’interroger sur le topos que constitue la chair féminine dans l’écriture fictionnelle. Il est clair que le corps, pour les femmes, est bien un lieu à partir duquel écrire, mais en lui s’inscrivent aussi les enjeux d’une société, d’une culture et d’une poétique. L’écriture du corps féminin, qu’elle définisse la position d’un sujet-corps dans la narration ou l’ensemble de ses représentations textuelles, se transforme-t-elle en fonction de variables comme l’emplacement géographique, la période historique, le cadre socio-culturel (pouvant être marqué par l’expérience de l’esclavagisme dans les Caraïbes ou encore la répression de l’Église catholique dans le contexte canadien français) ? Conserve-t-elle, en dépit de tout, des éléments communs ? Voici les questions auxquelles il devient possible de répondre à la lecture des douze articles colligés dans ce collectif réunissant des chercheur(e)s d’origines diverses.
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Introduction

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Christine DUFF & Claudia LABROSSE

Dans son ouvrage Sur le corps romanesque, Roger Kempf affirme que « livres et corps, tout est texte d’égale dignité. Tout parle ou se parle, s’écrit, se lit » (7),1 posant le corps comme thématique littéraire, mais surtout comme objet et sujet d’écriture tout à la fois. En effet, si le corps peut générer un discours dans le texte – lorsqu’on parle de lui –, il s’avère également en être le producteur – puisqu’il se dit. Cette double appartenance à l’ordre de l’objet et du sujet – qui n’est pas sans rappeler les théories merleau-pontyennes – suppose une représentation diversifiée et foisonnante du corps romanesque qu’il convient d’explorer plus à fond.

En ce qui concerne les littératures francophones, l’interrogation des multiples représentations du corps humain prend de l’ampleur depuis quelques années. Un premier pas se fait en 2002 alors que paraît L’imaginaire du corps amoureux : lectures de Gabrielle Roy,2 une monographie que signe Marie-Pierre Andron, qui s’intéresse tant à la chair féminine que masculine dans les textes de l’une des écrivaines franco-canadiennes les plus connues. Suit, en 2005, un numéro d’Études françaises consacré à la représentation du corps que dirige Isaac Bazié. Dans sa présentation du dossier, celui-ci souligne la pénurie de réflexions critiques portées sur le sujet, pourtant bien exploré surtout par rapport aux littératures européennes. Parmi les études constituant le...

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