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Sémiotique du mouvement

Du geste à la parole

Sylvie Freyermuth, Dominique Keller and Jean-François Bonnot

Le geste ne peut être considéré en lui-même et pour lui-même qu’en se plaçant dans une perspective restrictive. En effet, le mouvement volontaire s’inscrit dans une action, et dans tous les cas, il est tributaire d’un contexte. Le mouvement est bien ce qui permet d’accéder au monde : ne dit-on pas de certains malades, pourtant conscients, qu’ils « sont murés en eux-mêmes », signifiant ainsi que le rôle de passeur de sens du mouvement est à jamais perdu ? L’une des difficultés majeures dans les tentatives d’harmonisation entre domaines provient du fait qu’il est délicat de faire coïncider les données provenant des champs neurophysiologique et biologique avec celles issues de modèles linguistiques. C’est pourquoi nous avons demandé à des chercheurs appartenant à diverses disciplines (philosophie, psychologie expérimentale, sociologie, linguistique et phonétique) d’illustrer la notion de « sémiotique du mouvement ». Un premier volet s’attache à préciser les enjeux théoriques du mouvement, de sa conception à sa représentation et à sa réalisation, d’une manière générale et dans ses rapports à la vision et à la parole. La deuxième et la troisième section apportent des éclairages plus spécifiques en focalisant le propos sur les aspects linguistiques.
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Chapitre II: Sémiologie de la production du mouvement : du geste sportif au mouvement articulatoire dans la parole.

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SÉMIOLOGIE DE LA PRODUCTION DU MOUVEMENT : DU GESTE SPORTIF AU MOUVEMENT ARTICULATOIRE DANS LA PAROLE

Dominique Keller et Rudolph Sock

1. Introduction

Réagir, c’est en grande partie subir les événements de l’environnement. La réaction de l’organisme s’effectue par une mise en œuvre des mécanismes corporels périphériques qui, par une boucle rétroactive de type essentiellement spinal (Paillard, 1982), gèrent spontanément les aléas auxquels doit faire face tout organisme confronté à une situation inattendue mettant en jeu (et souvent en danger) son intégrité corporelle. Ceci amène l’organisme en question à préserver, autant que faire se peut, l’équilibre et la stabilité du milieu. Mais cela peut aussi être envisagé comme le résultat de modifications internes en rapport avec les changements brusques du contexte interférant sur le comportement : l’organisme est surpris par la soudaineté, mais aussi par le caractère imprévu des agressions environnementales. On a affaire ici à de véritables mécanismes de défense dont sont munies les différentes structures du vivant.

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