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Judaïsme et christianisme dans les commentaires patristiques des Psaumes

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Marie-Anne Vannier

Cet ouvrage renouvelle les études relatives aux commentaires patristiques des Psaumes, en prenant en compte l’apport du Judaïsme que les Pères connaissaient et qui marque leur interprétation du texte biblique, ne serait-ce que par le texte de la Septante qui sert de référence aux Pères grecs. Alors que l’on parle souvent de l’antijudaïsme des Pères de l’Église, les commentaires de l’Écriture qu’ils ont proposés, et en particulier ceux des Psaumes, montrent, au contraire, à quel point les Pères étaient marqués par le Judaïsme, dans leurs méthodes d’exégèse. Sans doute les Psaumes sont-ils davantage encore l’héritage commun du Judaïsme et du christianisme, comme l’a compris Augustin, qui entend, dans les Psaumes d’Asaph, la voix de la synagogue. Il n’en demeure pas moins que cet héritage commun permet une synergie entre les deux communautés, comme en témoigne, de manière éloquente, Maxime le Confesseur dans son Commentaire du Psaume 136, en dépit des différences d’interprétation qui existent.
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Augustin et les Psaumes d’Asaph

← 92 | 93 →ISABELLE BOCHET

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La présence des Juifs en Afrique du Nord, au moins à partir du IIIe siècle, est bien attestée par les inscriptions juives ou judaïsantes découvertes entre autres à Hippone et surtout à Carthage, où elles sont particulièrement nombreuses ; Y. Le Bohec1, qui a étudié ces inscriptions, remarque : « Un judaïsme dense, actif, voilà ce qui caractérise le cœur de l’ancienne Afrique et en particulier Carthage2 ». L’onomastique permet en outre de caractériser plus précisément la population juive d’Afrique du Nord. Si plus des deux tiers de ces noms attestent l’appartenance à des milieux populaires, le judaïsme d’Afrique du Nord est néanmoins particulièrement bien représenté parmi les notables, surtout à Carthage3. Y. Le Bohec remarque en outre que la latinisation des noms est souvent superficielle et que certains « noms latins ne sont que le camouflage de noms sémitiques4 ». L’onomastique permet encore de repérer, en quelques cas, la conversion de païens au judaïsme et la conversion de Juifs au christianisme5.

Dans un tel contexte, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’Augustin ait été en contact direct avec des Juifs. Il fait état de la présence des Juifs dans plusieurs sermons6 et il précise, dans le De sermone Domini in monte, ← 93 | 94 →qu’il a interrogé un Juif sur la signification du mot « raca » en Mt 5, 227. Même si l’attestation d’une telle consultation est unique dans l’œuvre d’Augustin, il n’est pas impossible,...

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