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Régimes démographiques et structures socio-économiques

Les communautés villageoises de la province de Namur durant la première moitié du 19e siècle

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Marc Debuisson

Un terroir et une population : entre les deux se sont tissés des liens qui forment plus qu’un espace, une structure de vie construite par la communauté villageoise. Le concept de régimes démographiques a tardé à s’imposer dans les analyses en démographie historique. Pourtant, cette approche permet d’intégrer deux dimensions longtemps négligées en démographie : les migrations et le terroir. En ce début du 19 e siècle, dans la province de Namur (Belgique) confrontée aux bouleversements de la révolution industrielle, les comportements démographiques des communautés villageoises ont dû s’adapter à l’évolution physique, économique et sociale de leur environnement qui, lui-même, était modelé par l’essor sans précédent de la population. A partir d’une analyse quantitative de près de 400 communes de la province de Namur, six communes-cas reflétant la grande diversité des régimes démographiques ont été retenues pour une approche mêlant quantitatif, en observant 8’000 individus, et qualitatif, en recourant aux archives locales. Cette recherche tente en effet de réconcilier le quantitatif et le qualitatif, le macro et le micro en privilégiant un niveau méso : la communauté villageoise.
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Avant-propos

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Dans son cours de critique historique, Léopold Genicot avait l’habitude de prononcer cette maxime : « En histoire, l’objectivité est un leurre, l’impartialité un devoir ». L’historien ne peut jamais adopter une position neutre. Quel que soit l’objet, son vécu et son bagage culturel lui imposent un a priori qu’il convient de cerner avant d’entamer la recherche. Permettez-moi dans ces quelques lignes d’utiliser le « je » qui s’effacera ensuite au profit du « nous ». Dans tout travail académique, ce « nous » représentant l’auteur de la recherche est là pour estomper, comme par tromperie, la subjectivité du « je ».

Cet éminent médiéviste qu’était Léopold Genicot aimait sa terre et ses gens. Au début des années 1990, un peu avant sa mort, il a choisi comme thème d’un de ses derniers ouvrages l’histoire de son village natal namurois, Forville, au temps de son enfance sous le titre Calme Hesbaye (1992). En quête de renseignements à l’Institut de démographie, il atterrit alors dans mon bureau de jeune assistant étonné d’y retrouver un de ses médiévistes, originaire du même coin de terre. Nous avons pu évoquer notre attache commune à cette région. Lorsqu’il parlait du pays namurois, Léopold Genicot ne pouvait s’empêcher de montrer son émotion. Comme le rappelait George Duby (1996, p. 1075) dans l’article nécrologique qu’il a consacré à Léopold Genicot, ce dernier s’est attaché à étudier son pays natal « jalousement chéri » dans son œuvre principale, L’...

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