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Entre conventions collectives et salaire minimum

Syndicats, patronat et conventions collectives en Allemagne de 1992 à 2008

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Christine Aquatias

En 1949, l’Allemagne remet en place un système de conventions collectives destiné à déterminer les salaires et les conditions de travail au plus près des branches de l’activité économique. Dans ce système, les partenaires sociaux jouissent d’une réelle autonomie décisionnelle face à l’Etat. Or, en 1992, les critiques à l’encontre du système conventionnel commencent à s’amplifier. Au tournant des années 2000, la revendication en faveur de l’introduction par l’Etat d’un salaire minimum intersectoriel émerge même sur la scène publique.
Comment en arrive-t-on à remettre en cause un système aussi emblématique du modèle économique allemand ? Quelles transformations sont à l’œuvre et quels en sont les acteurs ? Face à ces transformations, quelles positions et quelles stratégies les partenaires sociaux adoptent-ils ? Pour répondre à ces questions, l’ouvrage analyse les publications de deux instituts de recherche, l’un proche du patronat, l’autre proche des syndicats, entre 1992 et 2008. Il permet ainsi d’accéder à une meilleure compréhension, nourrie d’approches divergentes mais parfois complémentaires, d’un phénomène complexe.
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Chapitre 1. La perte d’influence des syndicats allemands

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Le partenaire social établi et en position de force durant des décennies, représentant le camp « du travail », pour reprendre les termes de Wolfgang Schroeder, c’est le DGB. Lors de l’unification allemande, il fut l’acteur majeur et incontesté de l’implantation à l’Est du système tarifaire en vigueur à l’Ouest, car les organisations patronales mirent beaucoup de temps à se constituer à l’Est. Or, un constat s’impose : le DGB est le grand perdant des années 1992 à 2008. Les chiffres montrent qu’il perd entre ces deux dates près de la moitié de ses adhérents. Perdre la moitié des adhérents veut d’abord dire pour les syndicats perdre la moitié de leurs cotisations, et ce n’est pas indifférent. Cela veut dire aussi pour les syndicats du DGB perdre une partie de leur force de mobilisation, de leur force de dissuasion face au partenaire social ainsi qu’une partie de leur audience politique, comme la partie précédente l’a montré. On verra que le DGB prend tardivement la mesure des événements et pendant longtemps, ne sait guère réagir autrement que par des mesures structurelles dont on peut douter du plein succès. Mais l’étude des périodiques montrera qu’un sursaut s’opère autour de l’année 2008. Elle montrera également que la concurrence faite au DGB par d’autres syndicats doit s’analyser finement et ne saurait expliquer à elle seule le reflux massif de ses effectifs.

La chute du nombre des adhérents des syndicats du DGB entre...

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