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Noi – Nous – Nosotros

Studi romanzi – Études romanes – Estudios románicos

Edited By Maria Chiara Janner, Mario A. Della Costanza and Paul Sutermeister

Wir sind Papst («nous sommes Pape») n’est pas une expression du pluralis maiestatis souvent utilisé par les souverains, mais un nous inclusif de l’entière nation allemande : un exemple journalistique qui joue avec la plasticité du nous, la première personne du pluriel. Pronom d’un esprit identitaire basé sur l’inclusion et l’exclusion, « pronom de lâcheté » (Manganelli) utilisé par ceux qui refusent d’assumer les responsabilités liées au fait de dire je, ou bien encore abus de pouvoir, le nous permet un déguisement du sujet et se prête à des usages différents.
Les essais contenus dans ce volume étudient le phénomène facetté de la première personne du pluriel dans des diverses langues et littératures romanes, du point de vue théorique jusqu’à l’analyse de cas exemplaires, dans les perspectives linguistique, littéraire, philologique et des études culturelles.
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El nosotros fracturado: disensos en torno a la memoria del pasado reciente español

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Résumé

Le développement du concept philosophique de mémoire au cours du XXème siècle est étroitement lié à l’un des phénomènes les plus intenses et globalisés dans le paysage culturel contemporain : la mémoire du vaincu est comprise comme une construction qui se rapproche au passé, absent du présent, à partir de sa signification ici et maintenant. Cependant, cette mémoire est vulnérable face à la politisation du souvenir. En Espagne l’intérêt pour son passé récent réduit au silence et caché pendant de nombreuses décennies (soit par les vaincus de la guerre civile ou ceux du franquisme), a déclenché – avec le début du nouveau siècle – un grand désaccord et une fracture dans tous les domaines de la société. Los girasoles ciegos (2004) d’Alberto Méndez aborde ce dilemme, en montrant la nécessité de mettre fin à une telle fragmentation, car, selon son auteur, « tout le monde était perdant », de sorte que le livre traite de « la perte de tout un pays ». Ainsi, Alegría, protagoniste du premier récit et figure paradoxale par excellence, reflète, dans un brillant exercice littéraire, la défaite collective du pays et renvoie ainsi à l’impératif d’un « travail de deuil », sujet principal du livre, qui, entre autres choses, signifie « faire nôtre l’ existence d’un vide ». Ceci demande un « nous inclusif » de la société espagnole dans son ensemble (parce qu’elle toute enti...

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