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La réciprocité et l’alternance

Pierre-André Stucki

La réciprocité est habituellement conçue comme une structure d'échange où ce que l'on rend est de valeur à peu près équivalente à ce que l'on reçoit. Il en est ainsi de la traditionnelle règle d'or, «Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse», et de la loi du Talion, «Œil pour œil, dent pour dent». L'idée très répandue de la juste rétribution exprime cette manière de penser. Dès l'origine, le christianisme fait valoir une autre optique : le don ne récompense pas forcément le mérite, il arrive qu'il soit gratuit, et le pardon répond à la faute. C'est donc une interaction asymétrique qui est ainsi impliquée par cette tradition et notre logique habituelle s'en trouve déroutée. Pour pallier cette carence, le présent ouvrage propose de recourir au calcul matriciel élémentaire. Il y puise une petite série de modèles assez simples et il examine s'il est plausible de les appliquer à des manifestations typiques de la pensée chrétienne. Il en résulte l'idée de l'alternance : à tel moment, la conscience est focalisée sur le monde, à tel autre, sur l'écoute de l'Evangile. Un tableau métaphysique intégral est hors de portée.
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Chapitre III : Le maître et l’esclave : les systèmes 5 et 6

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Chapitre III Le maître et l’esclave : les systèmes 5 et 6

On entreprend ici de mettre ensemble l’interaction asymétrique entre A et B, typique de M3, et l’interaction centrée sur A, typique de M4. Deux possibilités s’offrent alors : si la relation de A à B est positive (et la relation de B à A, négative), on dira qu’il s’agit de la matrice M5; si la relation de A à B est négative (et la relation de B à A, positive), on dira qu’il s’agit de la matrice M6. Toutes deux, par les développements qu’elles engendrent, évoquent le phénomène de l’aliénation, mis en lumière par la tradition de la philosophie dialectique, dans le cadre symbolique de la relation maître-esclave. La première, M5, évoque le phénomène de la rébellion ; la seconde, M6, celui de l’humiliation. Elles déterminent toutes deux un circuit, dans le carré de référence, qui peut être parcouru dans un sens ou dans l’autre, étant donnée la possibilité d’inverser les matrices. Le circuit déterminé par M5 est orienté sur la diagonale de droite, présentant ainsi une analogie avec le système de l’équivalence, S1; le circuit déterminé par M6 est orienté sur la diagonale de gauche, analogue au système de l’alternative, S2. Etant donnée la possibilité des parcours inverses, l’interaction peut osciller autour d’un des sommets du carré de référence,...

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