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Sujet, fidèle, citoyen

Espace européen (XIe-XXIe siècles)

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Edited By Dominique Avon

La recherche de l’objectivation du « sujet » à travers le temps et l’espace emprunte ici un chemin inédit. Tenant compte des travaux de philosophes comme Michel Foucault, Jürgen Habermas ou John Rawls, le travail collectif réalisé dans cet ouvrage vise à saisir la problématique de la dialectique du politique et du religieux, sans la focaliser sur la question du pouvoir ou de l’Etat. La particularité des expériences européennes au cours du millénaire écoulé y est soulignée : il y a eu une manière nouvelle de placer l’être humain au centre d’un corps social en le dotant de droits et de devoirs à titre personnel. Mais elle est doublement relativisée : d’une part parce que ses fondements ne peuvent être détachés de son environnement méditerranéen – les sujets-fidèles de la Chrétienté médiévale n’ont pas vécu dans l’ignorance de l’expérience des sujets-fidèles de l’Islam ou des communautés juives – ; d’autre part parce que la reconnaissance du « citoyen » et la possibilité de ne plus être « fidèle » d’une religion donnée n’a pas obéi à un mouvement linéaire conduisant le « sujet » d’un état d’hétéronomie à un état d’autonomie. C’est en tenant compte de cette complexité du passé qu’il devient possible de mieux négocier les défis du présent.
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Regards croisés sur une politique de la non-croyance (Erri De Luca, John Rawls): Patrick Savidan et Sylvie Servoise

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Patrick SAVIDAN, Université de Poitiers et Sylvie SERVOISE, Université du Maine

Regards croisés sur une politique de la non-croyance (Erri De Luca, John Rawls)

Je ne peux pas dire que je sois athée. […] L’athée se prive de Dieu, de l’énorme possibilité de l’admettre non pas tant pour soi que pour les autres. Il s’exclut de l’expérience de vie de bien des hommes. Dieu n’est pas une expérience, il n’est pas démontrable, mais la vie de ceux qui croient, la communauté des croyants, celle-là oui est une expérience. L’athée la croit affectée d’illusion et il se prive ainsi de la relation avec une vaste partie de l’humanité. Je ne suis pas athée. Je suis un homme qui ne croit pas.1

Ces propos d’Erri De Luca révèlent la complexité du rapport que l’écrivain napolitain entretient avec la religion : ni dedans (il se dit explicitement non-croyant) ni dehors (il entretient des rapports avec les croyants, contrairement à l’athée, du moins tel qu’il le définit ici), il se tient dans un entre-deux qui n’est pas vécu comme un pis-aller, ou sur le mode du manque, mais comme le seul lieu qui lui convienne véritablement : « hors les murs »2 mais « en relation avec la vaste partie de l’humanité qui croit » – l’absence de complément du verbe suggérant qu’il ne s’agit pas tant de croire en une religion déterminée que...

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