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Camus et l’antiquité

Martin Rodan

Camus écrit dans ses Carnets : « Nous devons à l’antiquité le peu que nous valons. » En se référant aux vastes lectures et aux nombreux commentaires d’Albert Camus sur les œuvres philosophiques et littéraires gréco-latines et sur la Bible, ce livre entend montrer que l’antiquité constitue pour Camus le sol fertile dans lequel ses forces créatrices s’enracinent, le terreau où son œuvre prend corps : plus il s’inspire de l’antiquité, plus son œuvre devient originale. Une analyse détaillée de ses œuvres philosophiques (Noces, Le Mythe de Sisyphe, L’Homme Révolté) et littéraires (L’Etranger, L’Exil et le Royaume, La Chute), permet à l’auteur de cet ouvrage de reconsidérer les thèmes majeurs de la pensée de Camus comme le bonheur, l’absurde et la révolte, et d’appréhender sous un jour nouveau ses grands personnages littéraires, tels Meursault, Caligula, Janine ou Clamence.
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Chapitre septième : La Bible

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Même si la Bible ne revêtait pas pour Camus un caractère sacré, elle était certainement son livre de chevet. Il l’a lue, relue, ruminée et commentée toute sa vie durant. Ainsi, d’après le témoignage de Max-Pol Fouchet, le jeune Camus avait déjà lu la Bible dans les années 1932-1933. (cf. E 1173) D’après Roger Quilliot, il l’a même relue pendant la rédaction de La Peste. Les remarques disséminées tout au long des Cahiers prouvent que Camus, davantage que certains auteurs religieux, a consulté la Bible. Il suffit de mentionner les analyses pertinentes du Livre Saint qu’il propose dans son Diplôme d’Etudes Supérieures, les discours du père Paneloux ou son interprétation profonde des paroles et des actes du Christ dans La Chute, pour étayer l’idée que la Bible représentait pour Camus plus qu’un simple livre. C’est pourquoi l’influence biblique est dans ses œuvres au moins aussi sensible que l’influence grecque.

En revanche il est plus difficile de savoir pourquoi la Bible retient l’attention de Camus. Son admiration pour l’hellénisme s’explique facilement, ce que nous avons vu précédemment. L’auteur de La Chute se sentait un cœur grec ; la mer, le sable, le soleil, ces idoles païennes, dont la beauté a permis l’essor de la civilisation grecque, étaient aussi des divinités pour Camus. Mais pourquoi s’est-il intéressé à la Bible alors même qu’il s’est...

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