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Des personnages et des hommes dans la ville

Géographies littéraires et sociales

Sylvie Freyermuth and Jean-François Bonnot

Les diverses facettes de la ville se donnent à voir non seulement à travers les travaux des sociologues, des historiens, des géographes, mais également à travers la littérature. En croisant ces approches, les auteurs renouvellent l’éclairage critique des notions de lieu et de non-lieu, d’habitable et d’inhabitable, d’entre-soi, de désaffiliation, ou encore d’errance. Cette approche de l’urbain fait appel aux données de la mémoire orale et s’ancre dans une histoire des traces, dans l’infra-historique et dans les représentations de la spatialité intime. La première partie du livre réévalue la place de l’individu dans les conurbations industrielles et postindustrielles. La deuxième est consacrée à l’examen des réseaux urbains et à la mise en perspective littéraire de quartiers emblématiques, alors que la troisième traite des processus « d’infection » et de « contamination » à l’œuvre dans les centres urbains et analyse les mécanismes d’innovation et de blocage sociaux et linguistiques. Dans la quatrième partie, sont examinées les frontières symboliques et la déconstruction du tissu social traditionnel dans le Montbéliard des années soixante, de même que les destinées d’un groupe d’ouvriers dans la vallée du Doubs en voie d’industrialisation ; enfin, un fait-divers criminel exemplaire éclaire les modalités de la cohabitation houleuse entre sédentaires et gens du voyage dans la seconde moitié du siècle industriel.
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Chapitre 4: L’habitable et l’inhabitable, une question de point(s) de vue ?

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Dans sa dernière œuvre, Couleur du Temps. Drame en trois actes et en vers, ayant encore dans les oreilles le fracas des obus, le bruit grinçant du métal tordu, et la « tête étoilée », Apollinaire a en vue une reconfiguration du monde. L’action se déroule « en 1918 »1. Il faut quitter les anciens lieux. Au début de l’acte II, Van Diemen explique que :

C’est l’heure pour certains / De supporter / La solitude / Là-bas d’où nous venons un homme n’est plus rien / Là-bas l’individu n’est qu’une particule / D’êtres aux corps énormes anciens ou nouveaux / L’homme n’est qu’une goutte au sang des capitales / […] C’est un simple coup d’œil jeté dans un musée / La pièce de billon dans la caisse des banques / C’est un peu de buée aux vitres d’un café / Il pense mais il est l’esclave des machines / Les trains dictent leurs lois à l’homme dans l’horaire / L’homme n’était plus rien c’est pourquoi nous fuyons / Pour retrouver un peu de liberté humaine (Œuvres poétiques, 1965, pp. 935-936)

La même œuvre donne également à voir une ville glacée où l’avenir est figé et impénétrable ; la ville chaleureuse décrite dans les premières lignes de Zone n’existe plus :

Van Diemen : Nous voici au pôle mes amis / […] Et nous tremblons de froid et de peur […]

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