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Des personnages et des hommes dans la ville

Géographies littéraires et sociales

Sylvie Freyermuth and Jean-François Bonnot

Les diverses facettes de la ville se donnent à voir non seulement à travers les travaux des sociologues, des historiens, des géographes, mais également à travers la littérature. En croisant ces approches, les auteurs renouvellent l’éclairage critique des notions de lieu et de non-lieu, d’habitable et d’inhabitable, d’entre-soi, de désaffiliation, ou encore d’errance. Cette approche de l’urbain fait appel aux données de la mémoire orale et s’ancre dans une histoire des traces, dans l’infra-historique et dans les représentations de la spatialité intime. La première partie du livre réévalue la place de l’individu dans les conurbations industrielles et postindustrielles. La deuxième est consacrée à l’examen des réseaux urbains et à la mise en perspective littéraire de quartiers emblématiques, alors que la troisième traite des processus « d’infection » et de « contamination » à l’œuvre dans les centres urbains et analyse les mécanismes d’innovation et de blocage sociaux et linguistiques. Dans la quatrième partie, sont examinées les frontières symboliques et la déconstruction du tissu social traditionnel dans le Montbéliard des années soixante, de même que les destinées d’un groupe d’ouvriers dans la vallée du Doubs en voie d’industrialisation ; enfin, un fait-divers criminel exemplaire éclaire les modalités de la cohabitation houleuse entre sédentaires et gens du voyage dans la seconde moitié du siècle industriel.
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Chapitre 9: L’infection dans la ville et les réseaux de contamination

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On peut considérer que, dans bien des cas, les réseaux détiennent un pouvoir pathogène, c’est-à-dire qu’ils induisent des pathologies de façon directe – par le seul fait qu’ils existent, ou de façon indirecte – en véhiculant des virus de tous ordres et des miasmes. C’est à dessein que nous utilisons ce dernier terme. Il a l’intérêt, de même que virus dans son sens historique, de désigner un agent de contagion quelconque, réel ou fantasmatique ; en outre, « miasme » est susceptible d’acceptions métaphoriques – actuellement, c’est d’ailleurs quasi exclusivement le cas. Fabre (1996, p. 90) relève que jusqu’au début du XXe siècle, le miasme correspond « à une représentation triviale du mal, que la science médicale du moment fait sienne et qui repose sur la propriété supposée de l’air de véhiculer les agents infectieux. On retrouve cette métaphore dans le thème des effluves qui s’échapperaient des corps malades et des cadavres pour se répandre dans l’atmosphère. » On verra que cette croyance est toujours d’actualité. C’est en effet une illusion que de se représenter le monde contemporain comme un univers de rationalité. Certes, la technique y est omniprésente, tout un chacun bénéficie – y compris dans les pays les moins développés – d’une télévision ; le téléphone portable1 s’avère indispensable à la vie quotidienne et, même en vacances, la consultation compulsive des courriels et...

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