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Ordre et désordre dans l’œuvre romanesque de Luigi Pirandello

Hanane Majri

La recherche entreprise dans cet ouvrage est une étude des œuvres romanesques de Luigi Pirandello, dont le fil conducteur est le rapport inextricable entre ordre et désordre. Prisonniers d’une forme, les personnages pirandelliens tentent de se libérer à travers un questionnement existentiel sans fin qui leur fait prendre conscience des limites de leur être, mais aussi de leur difficulté à communiquer. Confrontés au regard de l’« Autre », ils apparaissent toujours porteurs d’un masque, ce qui leur dénie toute identité stable et définitive. Et il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que chaque personnage soit tout à la fois « un, personne et cent mille ». En effet, pour Pirandello la réalité est multiple et changeante en fonction des points de vue. De plus, elle est souvent le résultat d’une série de hasards qui la mettent à l’épreuve du chaos, ce qui induit, chez les personnages, doute, incertitude et mal-être. Entre désir de fuite et retours en arrière, leur vie sera – quelle qu’en soit la forme – illusoire.
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Chapitre III : La formation de la famille

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Introduction

Le personnage pirandellien cherche à s’individualiser, nous l’avons dit, mais pourtant, dans sa recherche d’émancipation et de liberté, il cherche aussi à former sa propre famille. Cette construction est pour lui un idéal fondé sur des principes de vie en communauté. Pirandello nous montre qu’à son époque le mariage est considéré comme le rituel le plus important des trois cycles de vie avec le baptême et les funérailles. Même si les formes qu’assument ces dimensions symboliques et rituelles varient d’une région à l’autre de l’Italie, la centralité du mariage demeure invariable sur l’ensemble de la péninsule. La richesse et la densité des coutumes qui entourent le mariage sont la preuve qu’il constitue un élément fondamental de l’organisation de la vie sociale et de l’identité psychologique de l’individu, et ceci à travers toutes les classes sociales.

C’est pourquoi, d’un roman à l’autre, parmi les relations de parenté chez les personnages pirandelliens nous retrouvons généralement l’alliance et la filiation qui revêtent une importance fondamentale. Sans mariage, à l’époque, et particulièrement dans la société patriarcale sicilienne, l’homme ou la femme ne pouvait pas fonder de famille au sens traditionnel du terme.

Mais le mariage a son revers négatif. Il induit une différenciation des rôles qui est rarement à l’avantage de la femme. Soumise, se consacrant aux tâches domestiques et aux enfants, elle reste une mineure aux droits extrêmement limités. Dans...

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