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‘Curious about France’ : Visions littéraires victoriennes

Visions littéraires victoriennes

Ignacio Ramos Gay

Les quinze essais rassemblés dans ce volume mettent en évidence la présence de la France en tant qu’espace, personnage et thème dans la littérature victorienne. Tout au long du dix-neuvième siècle, la France devient un leitmotiv sur lequel se calquent les idéaux et les aspirations britanniques, un caléidoscope de réflexions littéraires hétéroclites, au carrefour d’autres disciplines liées à la science, la politique, l’économie, l’histoire ou aux arts.
Le regard porté sur la France par des auteurs aussi variés qu’Oscar Wilde, Charles Dickens, Robert Browning, Walter Pater ou Frances Power Cobbe créé un idéal culturel pour une nation de plus en plus consciente de sa position hégémonique dans le monde. Ce regard se pose sur l’observateur lui-même, qui transpose ses observations sur son propre territoire, et, ce faisant, démontre être « very curious about France », comme l’écrira Thomas Carlyle dans une lettre au francophile John Stuart Mill. Berceau de mouvements littéraires transnationaux et exemple de dynamisme social, la France apparaît au travers des lettres britanniques comme une construction imaginaire, politique et identitaire, une fiction dont les représentations constituent avant tout un symbole de l’inséparable union entre les deux pays.
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Chapitre 2. Les France de Dinah Craik: Maxime Leroy

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Ce chapitre analysera quelques aspects de la représentation de la France et des Français dans Fair France, Impressions of a Traveller de Dinah Craik (1871). Deux autres textes, l’un paru six ans plus tôt, l’autre huit ans plus tard, seront évoqués : A Lady’s Walks in the South of France de Mary Eyre, et Holidays in Eastern France de Matilda Betham-Edwards. Outre leur proximité historique (encore qu’on soit passé, avec le dernier ouvrage, du Second Empire à la IIIe République), les trois textes ont en commun d’avoir été écrits par des femmes, et toutes trois protestantes. Au regard britannique sur la France se mêlent donc indissociablement le regard protestant sur un pays majoritairement catholique, et un regard peut-être plus sensible au statut de la femme dans la société. En outre, Craik et Betham-Edwards portent le regard de la classe moyenne cultivée sur le monde, les moyens financiers limités d’Eyre l’obligeant à des conditions de séjour différentes.

S’agit-il de représentations ‘imaginaires’, selon la problématique d’ensemble de cet ouvrage ? Les voyages sont ici bien réels. Mais on verra que l’horizon d’attente des voyageuses (mélange de connaissances et de préjugés) modifie la perception, et que l’on oscille sans cesse entre documentaire et littérature. Cependant, le regard n’est jamais absolument déterminé par aucune des circonstances sociales ou culturelles citées plus haut. Si l’on retrouve dans les ouvrages de Craik et de ses contemporaines la...

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