Show Less
Restricted access

‘Curious about France’ : Visions littéraires victoriennes

Visions littéraires victoriennes

Edited By Ignacio Ramos Gay

Les quinze essais rassemblés dans ce volume mettent en évidence la présence de la France en tant qu’espace, personnage et thème dans la littérature victorienne. Tout au long du dix-neuvième siècle, la France devient un leitmotiv sur lequel se calquent les idéaux et les aspirations britanniques, un caléidoscope de réflexions littéraires hétéroclites, au carrefour d’autres disciplines liées à la science, la politique, l’économie, l’histoire ou aux arts.
Le regard porté sur la France par des auteurs aussi variés qu’Oscar Wilde, Charles Dickens, Robert Browning, Walter Pater ou Frances Power Cobbe créé un idéal culturel pour une nation de plus en plus consciente de sa position hégémonique dans le monde. Ce regard se pose sur l’observateur lui-même, qui transpose ses observations sur son propre territoire, et, ce faisant, démontre être « very curious about France », comme l’écrira Thomas Carlyle dans une lettre au francophile John Stuart Mill. Berceau de mouvements littéraires transnationaux et exemple de dynamisme social, la France apparaît au travers des lettres britanniques comme une construction imaginaire, politique et identitaire, une fiction dont les représentations constituent avant tout un symbole de l’inséparable union entre les deux pays.
Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 10. “Vive Sarah Bernhardt!” : le rayonnement anglais d’une comédienne française: Julie Vatain-Corfdir

Extract

Tu connais Rachel ? dit maman en se levant.

– Oui, oui, au couvent, elle est venue un jour […]. Elle était pâle, si pâle qu’elle me faisait de la peine ; et sœur Sainte-Apolline m’a dit qu’elle faisait un métier qui la tuait, qu’elle était actrice. Et moi, je ne veux pas être actrice ! Je ne veux pas !1.

Tel est, mis en scène sous sa propre plume, le prologue paradoxal de la carrière de Sarah Bernhardt. Dès l’origine, tout n’est que révolte, et révolte théâtralisée : lorsqu’on lui propose le Conservatoire, elle réclame le couvent ; lorsque la Comédie-Française l’engage comme pensionnaire, elle gifle une sociétaire et se fait renvoyer ; un mauvais succès au Gymnase la fait fuir en Espagne sans crier gare ; un triomphe à l’Odéon l’incite à rompre son contrat pour revenir dans la maison de Molière, qu’elle quitte ensuite avec perte et fracas… De l’aube de sa vocation à ses longues décennies de règne sur la scène internationale, celle que l’administrateur du Français surnomme « l’indomptable petite créature »2 fait, de l’avis de tous, preuve d’une détermination rebelle, acharnée et toujours victorieuse, dont la critique admire ou condamne les excès, et dont l’énergie n’a d’égale que son insatiable appétit de vivre, de voyager, et de jouer la comédie.

Il semble étrange qu’une femme célèbre pour ses éclats,...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.