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Le travail social hors murs et les enjeux de sa formalisation

Focus sur les notions de sécurité et d’insécurité

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Vincent Artison

Au devant de la scène et à l’intersection de questions sociales multiples, le travail de rue, désigné en Suisse romande sous l’appellation « travail social hors murs » (TSHM), se caractérise essentiellement par l’action d’« aller vers » dans la rue et les milieux de vie des populations. Si le mandat est essentiellement de natures éducative et sanitaire, il naît bien souvent sur la base de problématiques d’insécurité. A quoi renvoient les termes de sécurité et d’insécurité ? Comment le travail social de rue est-il perçu ? Soumis à une même logique d’Etat, comment cohabite-t-il avec les professions dévolues au maintien de l’ordre et à l’action répressive ? Quel cadre éthique cela présuppose-t-il ? Avec des professionnels concernés, des représentants des forces de l’ordre et des publics en situation de rue, l’auteur contribue à y répondre.
Une pierre à l’édifice pour la profession qui a le mérite de dévoiler une méthodologie d’actions, de souligner des limites partenariales, d’explorer des notions « tabous » sous l’angle de la philosophie, de faire émerger des questions d’éthique et d’ouvrir de nouveaux chantiers relatifs à la pratique, à la recherche et à la formation.
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« L’objectif de recherche de sécurité dénature-t-il le travail social hors les murs ? »

Il est maintenant évident que les pays d’Europe occidentale, en plus de la crise économique qui les frappe, sont en proie à une « panique morale » (Ogien, 2004) qui les conduit à infléchir leur approche des problèmes sociaux et leurs traitements. Dans ce processus de transformation de l’action publique, « l’insécurité », « les incivilités » et les désordres en tout genre y jouent un rôle moteur, autant comme indicateurs d’une nouvelle manière de percevoir les risques que comme symptômes d’une inquiétude et d’ une fragilité d’ensemble du corps social.

Dans ce contexte, l’espace public apparaît comme un lieu de tension particulier entre les nouvelles formes d’inégalités sociales. « Scène primitive du politique où les appartenances et les identités sont mises en contact et en tension les unes avec les autres » (Joseph, 1998), il enregistre tel un sismographe, toutes les modulations d’intensité produites par les multiples rapports entre la sphère publique et la sphère privée, entre la société civile et la société politique, entre les « inclus » et les « exclus », entre les nomades et les sédentaires, entre les stables et les précaires, entre les vieux et les jeunes.

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