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Pour en finir avec le terrorisme

L’équivoque de la terreur, de la Révolution française aux attentats jihadistes

Ami-Jacques Rapin

Qu’est-ce que le terrorisme ? Cette lancinante question préoccupe aussi bien l’homme de la rue que les chercheurs spécialisés dans l’étude de la violence politique. Que ces derniers ne soient pas parvenus, après des décennies d’efforts, à formuler une définition consensuelle du phénomène ne manque pas d’étonner. Cet ouvrage a pour ambition d’expliquer cet échec en déplaçant le questionnement de la notion de terrorisme à celle de terreur. L'histoire des deux concepts et de leur inextricable imbrication éclaire l’équivoque du discours contemporain sur le terrorisme et contient la solution au problème de la définition du phénomène. Elucider le problème, c’est également se donner les moyens de concevoir un cadre conceptuel alternatif qui conserve la masse des connaissances acquises, tout en faisant sauter l’obstacle terminologique sur lequel butte l’analyse des violences armées clandestines.
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Avant la Révolution

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La terreur est inscrite dans le concept de terrorisme. Elle l’est étymologiquement, phonétiquement, graphiquement et sémantiquement. On ne saurait par conséquent penser l’un indépendamment de l’autre, toute tentative de définition du terrorisme nécessitant préalablement que l’on pose la question de la signification de la notion de terreur.

Si l’étymologie n’offre pas toutes les réponses aux problèmes contemporains que pose la définition du terrorisme, du moins contient-elle les premiers éléments sur lesquels peut se fonder la réflexion. « Terreur » provient du latin terror, mot qui caractérisait une forme particulière de peur, les Romains distinguant différents niveaux d’anxiété auxquels correspondait un vocabulaire spécifique. Metus et timor renvoyaient à une peur de faible intensité proche de ce que nous nommons la crainte, alors que pauor, formido, terror et horror se référaient à une peur intense. Si la terreur n’était pas le stade suprême de la peur, qui s’identifiait plutôt à l’horror, elle se situait néanmoins très haut sur l’échelle des émotions extrêmes qui pouvaient affecter l’être humain. Elle glaçait d’effroi, inhibait l’action ou provoquait la fuite1.

Avant que la terreur fût mise à l’ordre du jour par la Convention montagnarde en septembre 1793, la notion n’occupait qu’une place marginale dans le lexique et la réflexion politique. Elle apparaît certes dans quelques passages de grands textes de philosophie politique de l’Ancien...

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