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Pour en finir avec le terrorisme

L’équivoque de la terreur, de la Révolution française aux attentats jihadistes

Ami-Jacques Rapin

Qu’est-ce que le terrorisme ? Cette lancinante question préoccupe aussi bien l’homme de la rue que les chercheurs spécialisés dans l’étude de la violence politique. Que ces derniers ne soient pas parvenus, après des décennies d’efforts, à formuler une définition consensuelle du phénomène ne manque pas d’étonner. Cet ouvrage a pour ambition d’expliquer cet échec en déplaçant le questionnement de la notion de terrorisme à celle de terreur. L'histoire des deux concepts et de leur inextricable imbrication éclaire l’équivoque du discours contemporain sur le terrorisme et contient la solution au problème de la définition du phénomène. Elucider le problème, c’est également se donner les moyens de concevoir un cadre conceptuel alternatif qui conserve la masse des connaissances acquises, tout en faisant sauter l’obstacle terminologique sur lequel butte l’analyse des violences armées clandestines.
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Conclusion

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La pertinence d’un modèle d’analyse ne se mesure ni à sa sophistication ni au niveau d’abstraction des concepts qu’il articule. Elle relève de la capacité du modèle à rendre compte des phénomènes qui justifient sa formulation.

Il appartiendra au lecteur de décider si l’ébauche esquissée dans les pages précédentes répond mieux que le discours abstrait sur le terrorisme aux questions que soulève l’usage de la violence armée clandestine. Il appartiendra également au lecteur d’apprécier le bien-fondé d’une critique qui ne satisfera probablement pas ceux qui considèrent que la charge émotionnelle que contient la notion de terrorisme lui donne toute sa valeur. Il est assurément difficile de réfuter cette dernière objection si l’on se situe dans la perspective de la philosophie politique qui assume pleinement la dimension axiologique du concept. La démarche adoptée dans cet ouvrage s’inscrit cependant dans une approche différente qui porte sur le cadre conceptuel le plus adapté à l’étude de la violence en acte. Sous une telle approche, le constat des contradictions qui imprègnent le discours sur le terrorisme s’impose, tout comme s’impose la nécessité d’identifier l’obstacle contre lequel bute la réflexion.

Le point sur lequel achoppe la réflexion est précisément ce qui constitue le noyau sémantique de la notion de terrorisme : le principe de terreur. Les usages d’un terme étant purement conventionnels, il serait...

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