Show Less
Open access

Mégare et les établissements mégariens de Sicile, de la Propontide et du Pont-Euxin

Histoire et institutions

Adrian Robu

Mégare est la seule cité de Grèce antique à avoir essaimé des colonies aussi bien en Sicile que sur les rives de la Propontide et dans le Pont-Euxin. À partir des récits antiques, des inscriptions et des documents archéologiques, l’auteur se propose d’offrir une nouvelle interprétation d’un mouvement colonial unique en son genre. Étudiant les causes du départ des Mégariens, il révèle le rôle déterminant joué par les conflits qui opposaient les familles aristocratiques. Il montre aussi que les fondations mégariennes furent le résultat d’une sorte de synœcisme primitif, d’un rassemblement de plusieurs groupes de colons le plus souvent hétérogènes du point de vue ethnique. Les institutions restaient en revanche calquées sur celles de la métropole : les subdivisions civiques et plusieurs magistratures mégariennes furent ainsi reproduites à l’identique. En outre, l’étude des institutions permet de mettre en évidence le rapport étroit qui existe entre l’émergence de la cité et le début de la colonisation grecque, deux phénomènes simultanés du haut archaïsme, qui ont profondément et durablement marqué l’histoire des communautés helléniques.
Show Summary Details
Restricted access

II.2.2 Chalcédoine

Extract



II.2.2.1 Les récits concernant la fondation de Chalcédoine

La ville antique de Chalcédoine (Χαλκηδών ou Καλχηδών / en dorien Καλχαδών469) fut bâtie sur la rive asiatique du Bosphore thrace, sur l’actuel promontoire Kadiköy de la ville turque d’Istanbul. Thucydide est le premier auteur antique à nommer Chalcédoine comme apoikia des Mégariens470. En tant que fondation mégarienne, Chalcédoine est ← 222 | 223 → mentionnée aussi par Strabon et par Eustathe471 ; et Archias de Mégare figure comme l’œciste de la cité chez Pomponius Mela472. On pourrait identifier ce personnage avec Archias, fils d’Aristônymos, originaire de Thasos, qui, après avoir été repoussé par les Chalcédoniens, aurait fondé, à en croire Denys de Byzance, un site appelé Archeion (aujourd’hui Ortaköy), sur la côte européenne du Bosphore473.

Même si la plupart des auteurs attestent l’origine mégarienne de Chalcédoine, une tradition de fondation différente est fournie au VIe siècle ap. J.-C. par Hésychios de Milet. La mention de l’aide offerte par les Chalcédoniens aux Byzantins dans leur guerre contre les Thraces est une occasion pour Hésychios de faire état des étymologies du nom de Chalcédoine. On apprend ainsi :

Χαλκηδὼν δὲ ὠνóµασται τò χωρίον, ὡς µέν τινές ϕασιν, ἀπò τοῦ Χαλκηδóνος ποταµοῦ, ὡς δὲ ἕτεροι, ἀπò τοῦ παιδòς Κάλχαντος τοῦ µάντεως ὕστερον τοῦ Τρωικοῦ πολέµου γενοµένου, ὡς δὲ ἄλλοι, ἀπò Χαλκίδος πóλεως τῆς Εὐβοίας ἀποίκων ἐκεῖ πεµϕθέντων· οὓς δὴ καὶ τυϕλοὺς ἀπεκάλεσαν παρεωρακóτας τò Βυζάντιον474.

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.