Show Less
Restricted access

La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIIIe siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
Show Summary Details
Restricted access

I. Le masque mortuaire dans l’Antiquité

Extract

I.

Le masque mortuaire dans l’Antiquité

Pour ce qui est du masque pris sur le mort, nous savons que les Romains pratiquaient cette coutume dans l’Antiquité. 475 Un passage de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien, souvent cité par les chercheurs, décrit cette tradition, qui paraît être déjà tombée en désuétude lorsqu’en 79 le Vésuve décide du destin de l’historien : 476

« Il en allait autrement chez nos ancêtres : dans les atriums on exposait des effigies destinées à être contemplées : non pas des statues dues à des artistes étrangers ni des bronzes ou des marbres, mais des masques moulés en cire qui étaient rangés chacun dans une niche : on avait ainsi des portraits pour faire cortège aux convois de famille et toujours, quand il mourait quelqu’un, était présente la foule entière de ses parents disparus... »477

Il ne fait aucun doute qu’une quantité colossale de tels masques doit avoir été réalisée à l’époque évoquée par Pline l’Ancien. D’après Heinrich Drerup, le masque ← 215 | 216 → apparaît avant le IIIe siècle av. J.-C. et finit par être employé par une grande partie de la population. Selon lui, une proportion importante des 200 000 livres de cire employées par la République romaine par exemple dans le IIe siècle av. J.-C. était liée à l’exécution de masques de ce genre. 478

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.