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Le changement en français

Etudes de linguistique diachronique

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Edited By Bernard Combettes, Céline Guillot, Evelyne Oppermann-Marsaux, Sophie Prevost and Amalia Rodriguez Somolinos

Cet ouvrage réunit une sélection d’articles issus du colloque international « Diachro 4 - Le français en diachronie », qui s’est tenu à l’Université Complutense de Madrid du 22 au 24 octobre 2008. Les contributions sont axées essentiellement autour de trois grands thèmes : le français préclassique et classique en diachronie ; l’énonciation et la linguistique textuelle en diachronie ; les structures interrogatives et les constructions clivées. Un thème transversal apparaît tout au long de cet ensemble : celui de la périodisation, du choix des critères permettant la reconnaissance d’étapes successives dans le changement linguistique.
Les études proposées ici constituent un ensemble bien représentatif des diverses tendances, théoriques et méthodologiques, qui traversent actuellement le champ de la linguistique diachronique du français, en France comme à l’étranger.

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Yvonne CAZAL Le corps d’elle ou son corps? Le tour le N de moi, toi, lui,… en français préclassique: enquête sur une disparition 111

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Le corps d’elle ou son corps? Le tour le N de moi, toi, lui,… en français préclassique: enquête sur une disparition Yvonne CAZAL CRISCO, Université de Caen-Basse Normandie En 1532, quand paraît L’Adolescence clémentine, Marot peut encore écrire le cou- plet suivant: (1) Touchant son cœur, je l’ay en ma cordelle, Et son mary n’a sinon le Corps d’elle: Mais toutesfois, quand il vouldra changer, Prenne le cueur: et pour le soulager J’auroy pour moy le gent Corps de la belle Toutes les nuicts1. Pour exprimer la possession ou la relation d’appartenance, la langue du 16e siècle met à la disposition du poète, outre des constructions à réalisation lexicale («le gent corps de la belle»)2, deux constructions à réalisation pronominale pour lesquelles la personne du possesseur fait l’objet d’une reprise anaphorique: la construction «son cœur, ma cordelle, son mary» où le possesseur est repré- senté par un déterminant possessif qui ouvre le GN; la construction «le corps d’elle» où la détermination possessive est annoncée par l’article défini et assurée par un pronom personnel tonique introduit par la préposition de3. 1 Adolescence clémentine, Rondeau 45, «De celui qui ne pense qu’en s’amie», v. 10-15. 2 Au prix de ce que Michael Herslund (Herslund, 1996: 33-42) appelle la «décoloration» de la préposition de, cette construction s’est généralisée au détriment de deux autres constructions utilisées lorsque le possesseur est...

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